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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 12:39

Compte rendu du congrès fondateur du NPA Rhône Alpes tenu à Lyon le 17/01/2009

Quelles relations entre Ecologie radicale et le NPA/LCR ?

 

 

1 - Congrès fondateur du NPA du Rhône

2 - Le travail

3 - Quelle utopie ?

4 - Impact politique du fonctionnement du NPA

5 – Ecologie

6 - Démographie de la LCR/NPA

7 - Forces et faiblesses relatives des OC versus NPA/LCR

8 - Quels rapports entre écologie radicale et NPA/LCR ?

 

 

 

1 - Congrès fondateur du NPA du Rhône

 

Le congrès fondateur du NPA du Rhône s’est tenu à Vénissieux ce samedi 17 janvier 2009. J’y étais. Ont été discutés quelque 80 amendements aux principes fondateurs, statuts, déclaration politique, proposition de nom – le NPA restant la dénomination préférée -  désignation des délégués aux congrès fondateur du NPA à Paris, prise de candidature au conseil politique national qui sera élu lors de ce même congrès fondateur. La règle adoptée à Lyon fut un délégué pour dix présents, ce qui a conduit à l’élection de onze délégués à parité des genres. Outre quatre délégués proposés pour leur implication, un délégué représentant la jeunesse, les autres ont été désignés par leurs collectifs, sur une base géographique, encore qu’il existe aussi un collectif « chimie ».

.

La question de la représentativité des sensibilités politiques, que j’ai soulevée, a occasionné un vif débat, parfois tendu. Benoit, alternatif, Esteban (OC), Elsa (Audaces) sans concertation préalable se sont ralliés à la position de la nécessité d’une représentation de la sensibilité alter et OC soit représentée. Nous arguâmes que l’écho de nos idées était plus large et transversal que notre audience apparente, notamment à considérer les amendements provenant de la colline qui travaille (Croix Rousse). Notre faiblesse, plaidâmes-nous, résultait de notre tradition d’organisation différente, tradition au surplus fort peu profonde. Il fallait protéger la pousse plutôt que le tronc.

 

Appartenant au surplus à divers collectifs, notre proposition était de tirer l’un de nous au sort pour représenter la sensibilité au congrès fondateur du NPA à Paris. En contrepartie de quoi, il fallait qu’un des membres de la LCR se désiste. Les camarades ont semble-t-il également oublié (argument qui ne fut pas mentionné) que la liste Audaces ayant recueilli le plus de voix lors des dernières élections municipales fut celle menée par une décroissante ( Sophie Divry).

 

On rétorqua que nos idées étaient déjà présentes au sein de l’AG et qu’il n’était donc pas nécessaire qu’elles bénéficiassent (j’adore les plus que parfait du subjonctif, pas très prolo, mais j’ai eu des cals sur les mains à manier la pelle, donc je m’en fous) . Il est vrai que les manifestations de soutien ou de sympathie ne manquèrent pas. Pour autant des distinctions telles qu’altermondialisme/altermondisme, des termes comme effet rebond, distributisme, démocratie directe sont soit inconnus soit très mal compris.

 

« Nous sommes tous antiproductivistes », intervint un camarade,  insinuant ainsi qu’il n’y avait pas de nécessité d’une représentation spécifique des Alter-OC. Mais le contexte de son intervention indiquait clairement le sens pour lui d’antiproductiviste, savoir : « ralentir les cadences ».

 

Bref, le presbyte ne voit pas l’évidence au bout de son nez et on ne démordit pas en face de nier notre spécificité. Notre demande fut repoussée par l’assemblée, par environ les trois cinquièmes des voies.

 

La question de la représentativité des tendances se compliquait de l’existence de la Fraction Etincelle, dissidente de LO si je comprends bien – bien rouge propre sur elle -  qui compterait douze ou quinze camarades. On parla de bourrage de candidature quand il était clair qu’on avait en face affaire à du classique entrisme.

 

Le hasard faisant bien les choses, il s’est trouvé que les désignés (comment l’ont-ils été ?) sont pour moitié membres de la LCR. Plus étrange encore, ils sont mâles, les nouveaux entrants étant des femmes. Révélateur ? Je me demande si au fond notre proposition n’a pas heurté une occulte consigne infrangible antérieurement adoptée au sein de la LCR. Les réunions LCR n’ont en effet pas cessé. 

 

 

2 - Le travail

 

Une discussion au sein du collectif 7/8 que j’avais soulevée sur le travail avait suscité une motion collective pour la suppression d’une définition faisant de la personne un travailleur. La motion a été repoussée par environ 40 contre, 30 pour et une quarantaine d’abstention.

 

Nous plaidâmes que le travail est aliénation : on nous répondit que le travail est production, c’est à dire, pouvoir d’achat, émancipation.  Emancipation du souci matériel que le socialisme scientifique est sensé faire advenir

Certes le travail est le signe de l’aliénation. Mais dès lors qu’il est aliéne, le travailleur ne constitue-t-il la classe politique la plus apte à construire le rapport politique nécessaire à l’abolition de son aliénation.

 

Pourtant, dès lors que serait abolie l’aliénation, on ne serait plus travailleur ?

La question n’est pas vraiment élucidée.

Il semble qu’on passerait d’un travail au service du capital à un travail au service du collectif, socialisé, avec des services publics importants, des entreprises importantes et de l’emploi. Un peu comme aujourd’hui, sauf pour l’emploi. Mais on resterait des travailleurs.

Il faut noter un certain dolorisme militant au sein de la LCR ou LCR-compatible au sein du NPA.

Tripalium, dolorisme ; on ne s’en sort pas. Le travail comme souffrance nécessaire et comme rédemption.

 

Des mots comme ouvrier, classe ouvrière travail ont également fait débat dans l’assemblée

Le travail notamment est certainement ce à quoi les jeunes camarades entrant au NPA sont les moins prêts à s’identifier.

Malaise : défendre avec une telle âpreté la valeur travail fait furieusement penser à l’insistance sarkozyste. Le travail demeurerait comme raison fondamentale de la vie. Seule sa couleur changerait. Comme Orwell nous y invite,  on nommerait l’aliénation « émancipation ».

Plusieurs interventions soulignent qu’à insister sur les mots travail et salariés, on exclut les chômeurs, érémistes, déclassés, errants, SDF, marginaux, etc…

 A noter qu’un amendement contenant les mots « spirituel », « esprit » a été rejeté.

 

3 - Quelle utopie ?

 La révolution tient une large place dans langage NPA/LCR ? Mais il semble qu’il y ait peu de travail de construction théorique. Ainsi qu’arrive-t-il après la révolution ?

Il semble qu’on se pose peu ce genre de question à lire les textes et entendre les paroles.

Peut-être sautera-t-on directement dans le communisme ? Ce qu’il adviendrait après la révolution n’est pas clair. On ne parle pas des institutions à construire, d’un nouveau mode de représentation. On ne remet pas en question le scrutin. La question du tirage au sort n’est pas évoquée.

La démocratie directe est très mal comprise. On croit qu’elle se limite  à celle que nous croyons pratiquer face à face dans nos échanges. On ne s’interroge pas sur l’articulation à donner entre démocratie directe et démocratie déléguée (dite représentative). L’auto-gestion est rarement mentionnée (à l’exception de la fraction Etincelle qui mentionne ….mais oublie l’entreprise).

 Mais la  révolution, mal préparée, dans les esprits, théoriquement et politiquement,  résoudra-t-elle quoi que ce soit ? N’est-ce pas plutôt le basculement qu’il faut préparer, comme une balance pivote sur son axe sous une force suffisante. Faute de quoi on est condamné à répéter les mêmes erreurs.

 En bref, y a t-il une utopie originale, autre que celle, imparfaite et datée, théorisée voilà presqu’un siècle et demi ?

 

4 - Impact politique du fonctionnement du NPA

 

Les réunions du conseil politique se tiennent toujours à Paris. Ce n’est pas sans signification, sans biais.  Paris : pour un parti qui veut abattre l’état, ça sonne étrange.

Beaucoup d’adhérents viennent de rejoindre le NPA. Ils sont jeunes et sans beaucoup d’expérience politique. Les camarades de la LCR sont plus âgés et très expérimentés.

 Le type de désignation, essentiellement géographique (par quartier) n’est pas sans répercussion importantes. En réalité, il est un excellent moyen décentralisant de centraliser avec force. Aucun collectif en effet ne saurait lutter contre le centre. Où est ce centre. Le fait que les comité politique national par tradition LCR s’est toujours tenu à Paris indique clairement le lieu de ce pouvoir.

 J’ai présidé la séance matinale, et je restais au bureau durant l’après-midi, qui malheureusement s’avéra décisive. J’étais donc en bonne place pour noter ces mille riens – omission, tours de parole raccourcis, surdité opportune, qui font qu’une présidence habile et ferme biaise la parole dans le bon sens.

 Le bon sens : voilà le problème. D’évidence la présidente à ma gauche savait quel était le sens  de la lutte et combien il est légitime de défendre la ligne juste, même contre des voix discordantes. Tout le problème, ici, comme en démocratie, comme pour Sarko, est que la justesse de la ligne provient de la seule conviction personnelle, fût-elle encensée par la tradition ou la force collective. C’est bien là que gît le problème ; la tradition de la LCR, l’expérience de ses militants et la poigne de ses cadres, une cohésion ancienne, qui n’aperçoit qu’elle sent le rance.  

Il faut également noter parmi les jeunes recrues en pointe (désignée) une tendance identique à malmener la démocratie pourvu que la pureté soit plus pure.

 

5 - Ecologie

 L’écologie. Des propositions viennoises sur l’écologie clairement anti-nucléaires, anti-OGM ont été adoptées. Elles mentionnent la relocalisation de l’économie. Toutefois des termes comme empreinte écologique, effet rebond, distributisme ne sont pas mentionnés. 

 A voir l’insistance mise sur les mots travail, salarié, comment n’est pas comprise l’articulation entre aliénation de la personne et pillage de l’environnement, comment à leur racine commune se tient très profondément enfoui le prométhéisme rationaliste, il est à craindre que cette écologie ne soit guère différente du capitalisme vert. Vert sur fond brun, ou vert sur fond rouge : seule la couleur de fond changerait,.

 

6 - Démographie de la LCR/NPA

 

Premier constat : la LCR et le NPA regroupent avant tout des salariés (bien que les étudiants ne soient pas rares parmi les nouveaux entrants). C’est donc et avant tout un parti de classe, mais on pourrait tout autant dire quasi corporatiste. Effectivement sans travail et sans salariat, sans les entreprises qui les emploient et l’économie impliquant le travail, la LCR/NPA n’ont plus de raison d’être. Entre la sociale démocratie et la sociale démocratie, la voie future sera étroite, sauf à ne s’impliquer dans aucune alliance gouvernementale où la contradiction pourrait éclater.

 Face à la masse salariée, force est de reconnaître que les précaires, chômeurs, érémistes, marginaux, exclus, minorités visibles sont peu nombreux.

 Autre constat massif est la jeunesse des entrants et l’âge des militants de la LCR. La seconde est la relative inexpérience politique des premiers, la maturité et l’expérience politique des seconds.

Les jeunes camarades sont confiants et enthousiastes. La plupart n’ont pas d’autres affiliations que la rencontre lors de luttes.

Beaucoup n’ont pas l’expérience des assemblées, sont peu familiers des processus de parti. Pourtant ils entrent directement dans un parti, qui plus dont la tradition partidaire est forte. L’âpreté des luttes leur est encore inconnue. Ils ignorent tous les pièges et les manipulations. Même les styles sont différents.

 Il est certain que le NPA n’existerait pas sans l’effort et l’expérience des militants de la LCR. Mais dans la même mesure, ils transfèrent des catégories et des cadres politique vieillis.

 J’ai moi-même été membre d’une fraction marxiste léniniste. J’y suis entré car c’était là le seul vecteur d’action politique présent dans ma petite ville (qui est aussi celle de Cabu). Avec le recul, je crois avoir été moralement escroqué. Si l’expérience personnelle a une quelconque valeur, je crains que le scénario ne se reproduise à plus grande échelle avec la dyade LCR/NPA. Il semble qu’il existe un fossé entre les aspirations, les sensibilités, les représentations de la jeune garde et les esprits plus âgés et nécessairement plus rigides des militants de la LCR. La fusion sera délicate à réussir et il est à craindre que les lendemains qui chantent auront pour nombre des plus jeunes le goût amer des larmes.

Le risque, finalement, est que le mort dévore le vif.

 

7 - Forces et faiblesses relatives des OC versus NPA/LCR

 

Le NPA est certes le plus construit, le plus structuré (il faut reconnaître ce talent à la LCR et à la capacité d’engagement de ses militants) des partis à la gauche de la gauche, mais s’adressant quasi exclusivement à des salariés, sa composition démographique reste une faiblesse politique.

 Par contre le NPA/LCR dispose d’un ancrage social que n’ont pas les OC. Ils jouissent d’une compréhension, d’une audience et de relais au sein des salariés dont nous sommes cruellement dépourvus.

 Par contre, concernant le NPA/LCR, l’utopie, le projet politique global n’est pas au rendez-vous. Il est quasi absent, sinon en filigrane au sein des principes directeurs, qui ne sont que des généralités, rien de construit qui servirait à nourrir par exemple une constituante.

 Pour reprendre une distinction proposée en Avignon , celle du court terme, moyen terme, long terme/utopie, je dirai que l’écologie radicale est faible sur les deux premiers termes, forte sur le dernier et qu’il en est à l’inverse pour le  NPA/LCR. Par bien des côtés, nous sommes bien plus radicaux que le NPA/LCR.

 

8 - Quels rapports entre écologie radicale et NPA/LCR ?

 

Les éléments ci-dessus fournissent des éléments d’appréciation de nos forces et faiblesses relatives. Y a t- il un intérêt à entrer au NPA ? S’il ne s’agissait que d’audience, du poids relatifs des sensibilités, de travail de conviction et d’explication, on pourrait défendre l’option.

 Malheureusement, le spectre des vieilles pratiques plane. Nombre de jeunes militants sont totalement naïfs sur ce point.

Il faut pourtant poser les bonnes questions : l’argent, les financements (ceux de la LCR ont aussi leur part d’ombre) les locaux (Lyon n’en est pas dépourvu), les associations satellites, l’imprimerie de Montreuil, tout cela construit au long de décennies de luttes.Qui y renoncerait facilement sans être sûr que cela tombe entre de bonnes mains ?

 De bonnes mains, ce pourrait-être un comité politique national à parité LCR/NPA, comme il advint à Lyon. On pourrait souscrire à une telle parité. Sauf que le refus de voir apparaître à Lyon une sensibilité Alter-OC ne plaide pas dans un sens favorable. D’autant que les entrants au sein du l’assemblée constituante semblent passer à travers le crible invisible, intangible, mais bien réel, qui trie LCR compatibles et LCR incompatibles, la compatibilité faisant de vous un « désigné ».

 Il est donc à craindre que le NPA ne soit au mieux qu’une vaste opération de recrutement qui n’empêchera nullement, à plus ou moins long terme le tarissement idéologique.

 Si donc cette assemblée constitutive du Rhône fournissait pour l’écologie radicale une seule leçon, ce serait celle de la nécessité de se coordonner au moins. Quant à une participation au sein du NPA, à l’heure où j’écris, je n’y vois guère qu’un lieu propice à la démonstration, à l’explication de nos idées. Arène pour un travail de conviction et accessoirement de gain d’expérience politique et d’ouverture de nos problématiques (le court terme et le moyen terme)

Il faut en effet insister sur le fait que les idées et le vocabulaire des OC et de l’écologie radicale sont le plus généralement INCONNUES, bien que résonnant positivement. Beaucoup, dont l’esprit est mûr, entendent le mot  décroissance pour la première fois.

 Des alliances conjoncturelles ne sont pas à exclure, mais en ayant en tête les forces et les limites du NPA/LCR.

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Published by Stephane Calence - dans olitique
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