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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 21:37

Cahuzac : probablement l’arbre qui cache la forêt. Comme hier, comme lorsqu’il s’est agi lors de la révolution française d’exclure le tirage au sort des représentants du Peuple, comme plus tard il s’est agi d’exclure les pauvres du suffrage, lorsqu’il s’est agi d’exclure les femmes du suffrage, les mêmes arguments peu ou prou reviennent : il s’agit d’une question de morale. Si les hommes politiques étaient bons, tout irait bien. Il suffit donc qu’ils soient bons. Bravo bisounours. Les hommes politiques ne sont intrinséquement – avant qu’ils aient des responsabilités –ni meilleurs ni pire que les autres.

Par contre notre système politique – et singulièrement le système partidaire – attire les plus ambitieux : au sein de ce système ils réussissent grâce à leurs qualités (relatives à ce même système) : aptitude au mensonge, attrait sans frein du pouvoir, absence de srcupules, avidité, cupidité, égocentrisme enfin qui permet d’avoir raison de tout système moral sur la base du « si ce n’est moi ce serait pire ».

Méfions-nous : ils ne sont pas tous pourris. Aux niveaux les plus bas, ils ne sont pas nécessairement amoraux (pas nécessairement : mais même au niveau d’une commune, les tentations sont tellement grandes de privilégier des amis – de telle sorte qu’un terrain qui ne vaut rien devienne demain la poule aux œufs d’or – que seuls les ignorants considèrent que la base reste saine. C’est une erreur. La pourriture de la tête justifie les impérities de la base.

Il arrive que les élus soient honnêtes : mais alors c’est structurellement le système en son entier (multiplication des niveaux : communes, communauté de commune, département, régions) qui les rend ineptes et inefficaces. A cela il faut ajouter le recrutement des impétrants politiques dont la logique sélectionne un certain type de candidats, principalement fonctionnaires  (garantis de retrouver un emploi à l’issue de leur mandat) : leur formation ne leur permet pas de comprendre la logique intrinsèque de création de valeur. Ils sont dès lors une proie facile des grands prédateurs capitalistes qui les dévorent alors à belles dents, au détriment de leurs administrés.

S’ils ne sont amoraux, ils sont structurellement incompétents.

L’idée bisounours qu’il suffirait que les responsables politiques soient meilleurs pour que tout aille mieux ressemble donc trait pour trait à l’idée que si le prolétariat guidait le monde, parce qu’intrinsèquement le prolétariat serait meilleur, tout irait mieux. Or la question n’est pas celle de la personne : elle n’est que le lieu où s’incarnent des forces politiques antagonistes , dont la personne est l’instrument seulement, nullement l’acteur. Voire Staline ou Mao. La problématique de Mao ou Staline ressemble trait pour trait à celle d’un président de la République élu au suffrage universel. Une fois choisi, il a licence de construire démocratiquement la dictature. Il suffit de nommer « démocratie » la dictature. (Mao, Staline, Kim Jung En présidaient ou président aux destinées de démocraties, populaires comme d’autres sont bourgeoises).

Il ne s’agit pas que de poudre aux yeux : chacun réclame sa propre aliénation pourvu qu’elle soit conforme à la fiction de la liberté que lui décrit son maître. Les Coréens du Nord, sans nul doute, tiennent à leur aliénation car elle leur garantit la Liberté en tant que Nation.

Nous n’agissons pas différemment : nous voulons être libres dans la limite de notre aliénation. Notre aliénation garantit notre liberté.

Il s’agit d’un cercle vicieux, une fatalitas dont il faut sortir si l’humanité veut un avenir.

La question n’est pas celle de la morale – dont l’aune se réduit trop facilement à la personne. La morale concerne la groupe, la communauté. Nombreux sont les occurrences ethnographiques où le chef est constamment accompagné d’un « gardien », d’un « fou » chargé de décapiter le chef s’il manque à ses devoirs collectifs.

Les démocraties modernes manquent de ces dispositifs, parce que justement elles accordent une valeur irrationnelle et a-scientifique au libre arbitre de la personne – élu ou électeur.

Loin des obscurantismes libéraux ou communistes, il s’agit de construire une mécanique politique (une constitution, des lois, des règles, prenant en compte la coutume) reconnaissant la labilité personnelle et la compensant par des mécanismes politiques qui ne violent ni la personne ni la collectivité. Toutes les lois naturelles  incitent à penser que la désignation au sort de la représentation politique constituerait une avancée décisive dans le contrôle de l’humanité sur son propre destin.  

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Published by Stephane Calence
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