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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 16:20

La sécurité sociale facteur de pauvreté et de précarité

Sécurité sociale : hypocrisie et dévoiement de la solidarité

Sécurité sociale et productivisme

Contribution ou spoliation ?

La protection sociale nourrit une vaste classe d’administrateurs et de fonctionnaires

La sécurité sociale contre l’autonomie du travail

La sécurité sociale vecteur de salarisation et de fonctionnarisation de la société

Au delà : pistes et solutions

Que faire ?

Otium et tripalium

 

 

A quoi sert la protection sociale ?

 

A quoi sert la protection sociale ?

 

Je suis artisan électricien. Aujourd’hui SANS solidarité sociale, je m’en tirerais. Mais AVEC la solidarité sociale, je  survis à peine. Je subsiste au RSA.  Je travaille et je m’enfonce  dans la pauvreté. Un tiers des SDF ont un travail : sous un pont un jour j’ai rencontré  une coiffeuse à domicile qui entre son instrument de travail, sa voiture, et son appartement, elle avait dû faire un choix. Elle dormait donc dans sa voiture. Sans charges sociales, elle aurait probablement pu se payer un appartement.  

La solidarité nous tue.

 

La protection sociale : combien d’artisans, de petits commerçants  jetées au chômage, combien de villages privés d’épiciers ?  La protection sociale :

combien de faillites ?  La protection sociale : combien de SDF ?

 

 41 années de travail continu pour espérer une retraite à temps plein ! Quel message d’espoir ! 41 années : comme si les Trente Glorieuses n’avaient pas cessé depuis plus d’un demi-siècle. Comme si le plein emploi et le CDI étaient toujours la règle et que cela continuera encore 41 années au moins. On promet aux générations actuelles de contributeurs et parmi eux les plus jeunes que les Trente Glorieuses n’ont jamais cessé, que le plein emploi et le CDI ont toujours été la règle et que cela continuera encore 41 ans .

Qui, parmi les jeunes désœuvrés des quartiers, qui parmi ceux toujours stagiaires à trente ans, qui  dans les cohortes vieillissantes ayant enchaîné les CDD précaires, qui  peut croire que l’âge venu il aura les avantages qu’il assure aujourd’hui aux retraités d’aujourd’hui ? Même si beaucoup sont modestes , le Vieux vote et il possède.  

 

C’est l’abjecte hypocrisie française. Elle  mine sourdement notre démocratie.  Croyez-vous  que cette escroquerie morale ne soit pas comprise, au  moins implicitement,  intuitivement, par les plus jeunes, par les plus démunis, ceux qui dans les cités  brûlent  écoles, des équipements sportifs et culturels. Absurde ? Non. Ils savent que tout comme la retraite , ces équipements  incarnent les fausse promesses de la République. Ils savent d’expérience objective que rien de tout cela ne les concerne, que rien n’est pour eux, que la solidarité c’est le chômage, le RSA, le harcèlement administratif et policier ? Quand  s’étalent sur les écrans et dans la rue tous les jours le mensonge officiel (« Nutella ce sont d’abord des noisettes… » alors que plus de moitié est constitué de sucre), que sur les plateaux téléphoniques les télévendeurs savent qu’ils doivent pour réaliser leurs objectifs s’attaquer d’abord aux plus vulnérables, aux plus pauvres, aux plus crédules.  Quand l’on manage par le stress, qu’on dégraisse « par la porte ou par la fenêtre », quand pas un des grands scandales d’Etat n’a été de ma vie de quinquagénaire résolu et puni, quand plane encore l’inextinguible  bourdon du «  Non » du Peuple français au traité « constitutionnel européen » bafoué ensuite, par un coup d’Etat  délégués du Peuple eux-mêmes, quand pas un politicien n’a jamais connu le RSA ou le chômage sur quoi qu’ils prétendent légiférer, alors comment ne pas comprendre que la base même de notre organisation politique est cariée ?  Pourquoi croyez- vous que les jeunes de Tremblay ou de Trappes ne votent pas, qu’ils brûlent des écoles, des équipements sportifs, des bibliothèques ?

 

Solidarité entre les générations ?  Grâce à elle s’étalent sous nos yeux le beau spectacle de frais quinquagénaires,  jeunes retraités en pleine force de l’âge, qui l’un se lance avec frénésie, gourmandise et enthousiasme  dans le travail associatif, l’autre enchaine voyages et excursions, tandis que le troisième achète un camping car ! L’autre jour voyant passer sur les petites routes du beau pays que j’habite un troupeau de motos rutilantes , leurs pilotes les cheveux grisonnants au vent, je me dis : tiens, voici mes cotisations sociales qui passent. Quels beaux exemples de douces retraites. Mais il y a mieux, tel ce monsieur , jadis professeur dans un institut technique prestigieux, retraité à 55 ans, aujourd’hui âgé de 95 ans, généreusement stipendié par la princesse depuis  40 ans  ! Plus que d’années travaillées !  Cet homme – qui n’y peut mais – aura eu, en termes économiques, une contribution économique négative. Aux dépens de qui ? Mais des plus jeunes bien sûr. Mais chut : taisons ce lourd secret, afin que le senior continue à piller, en susurrant solidarité et la démocratie, la sève de notre pays.

 

Le combat contre la mort et la vieillesse sera toujours perdu d’avance :il n’y a pas d’élixir d’immortalité et nulle firme ne le produira jamais ! Le système devient pervers quand le sénile spolie le juvénile. Quand des rapaces industriels attirés par la manne détournent à leur profit des masses d’argent qui ailleurs auraient une bien meilleure utilité sociale ! Quand le mort dévore le vif, il faut changer le système !

 

 La solidarité sociale absorbe plus de la moitié des recettes du travailleur indépendant, de l’agriculteur, du commerçant, du salarié. L’entrepreneur individuel, au surplus est taxé en tant qu’entreprise. Cette taxe, dite taxe foncière des entreprises (TFE) a doublé, triplé, quadruplé dans certains cas. Les édiles n’ont apparemment pas compris quelles conséquences auraient la permission donnée par l’Etat de fixer, à l’intérieur d’une certaine fourchette le taux de la TFE. Du coup ils l’ont fixé au plus haut, sans mesurer les conséquences de leur vote. J’ai personnellement recueillis sur cette question le témoignage de plusieurs édiles : certains découvraient les excès dont ils étaient responsables, d’autres ignoraient même avoir voté de des charges écrasantes, insupportables. Tout cela n’est pas sans évoquer  ce chromo bien connu où le Tiers Etat décharné ploie à supporter sur son dos le Clergé et la grasse Noblesse.

Filet social dispendieux que je m’épuise à payer.

J’en perds la santé.

La santé me tue.

 

Sécurité sociale et productivisme

 

A quoi sert la sécurité sociale ?

La sécurité sociale panse le travailleur pour le renvoyer au boulot.

Sans les pansements de la sécurité sociale, les conditions absurdes du travail modernes seraient-elles acceptables ? Sans les psychotropes déversés par millions de pilules dans les encéphales, les dégâts moraux du management par le stress seraient-ils supportables ?  Management par le stress,  c’est à dire management par la souffrance au travail … Souffrance justifiée par la nécessaire compétitivité. Or qu’est-elle,  cette compétitivité, sinon la lutte sans fin entre des oligarchies d’affaires cupides, un peu comme à Gomorra les parrains se livrent des guerres acharnées pour l’hégémonie selon un simplissime principe « moral » : « pourquoi lui plutôt que moi ? ». On justifie la lutte en prétendant que la perte de compétitivité éroderaient le bien être et le rang de la Nation : le bien être justifie la souffrance !

 

Souffrir plus pour travailler plus pour produire plus pour échanger plus pour jouir plus tout en dégradant plus encore la planète, la biodiversité, les abeilles, les stocks de poisson, en dévastant les forêts, en perturbant à l’échelle de continents entiers  les chaînes alimentaires ; et toujours souffrir plus pour acquérir plus de biens, plus de bien être sur cet  absurde chemin de croissance compétitive que je ne parcours que grâce à la cane du filet social.

 

Le stress, la compétition exacerbée de tous contre tous, l’absence d’autonomie quant à sa propre vie, l’absence de sens aux  tâches dont on sait au plus profond qu’ elles sont nocives ou amorales, comment tout cela pourrait-il se supporter  sans la Sécu  ?

 

Si l’industrie du nucléaire, de la chimie, du tabac ou de l’amiante, si les industries minières, des transports, les industries du service,  devaient supporter l’ensemble des coût sociaux et environnementaux (autrement dit des coûts sociaux à moyen long et très long terme ), elles ne seraient pas rentables . Des représentants de la Sécurité Sociale siégeaient aux côtés des industriels de l’amiante dans des organismes communs.

 

L’emploi est le crédo commun à l’administrateur politique ou social d’une part, à l’industriel de l’autre. C’est le point de corruption, par où se socialisent les coûts tandis que le profits vont à la minorité. Crédo signifie croire au sens irrationnel.

 

La sécurité sociale est la soupape de sécurité d’un ordre productif  vicieux où la recherche du bien-être et de la santé justifient d’aliéner son bien être au travail. Mais elle est un outil  de moins en moins pertinent :  car elle est dépendante d’un appareil productif, commercial et financier que l’homme gène, et que les capitaux qu’il contrôle depuis des cercles de plus en plus restreints l’autorisent à remplacer par des machines. 

 

Sans le filet social, sans les TUC, RMI, RSA, ces masses privées d’œuvre, de salaire, de ressources se rebelleraient. Bâillonner la zone, épuiser, assommer ce flux de  10 % de pauvres , de plus en plus souvent pauvres par « héritage »,  de telle sorte qu’abrutis de misère rien d’autre n’ accapare leurs efforts que le souci de la subsistance quotidienne, surtout pas d’idées politiques. Oui ces 10 % de pauvres sont nécessaires au bon fonctionnement de l’écrémeuse à profits : voilà à quoi sert cette sécurité sociale là. 

 

Sans la sécurité sociale, l’industrie pharmaceutiques , les professions médicales, ne jouiraient pas de la demande solvable qui leur permettent de si considérables profits . Malignes, elles en usent à faire croire à coup de marketing, de congrès, d’experts, de taupes, de réseaux, de lobbying, qu’elles pratiquent la seule médecine possible.

 

Maintenir à tout prix, férocement, un système productiviste qui ruine l’homme et la planète, un système délétère, pervers, mortifère, voilà ce qu’est devenu le rêve d’Ambroise Croizat.

Sans la sécurité sociale, le capitalisme pourrait-il survivre ?

 

Depardieu est spolié

 

 « Depardieu est spolié » s’est insurgée une meute de politiciens des deux bords à propos des  fameux taux d’imposition à 75 % (taux marginal, rappelons le, ne concernant que la tranche de revenus en excès du million d’Euros, des sorte que l’imposition d’un tel contribuable ne s’élève pas à 75 %).

 

75 % , c’est une spoliation  ont gravement approuvés  les « Sages » non-élus du Conseil constitutionnel,

estimant que le niveau d’imposition envisagé brise l’égalité des citoyens devant l’impôt. En réalité, les conseillers constitutionnels ne  considèrent l’égalité des citoyens que sous l’angle de l’impôt direct.

 

Le conseil constitutionnel ayant considéré que le taux marginal de 75 % est fiscalement spoliatoire, M. Depardieu ayant indiqué qu’il ne demandait pas le remboursent de ces feuilles de soin, il est bon de rapprocher l’ensemble des taux, taxes, taxes locales, contrôles technique, assurances obligatoires, charges, prélèvements, contributions volontaires obligatoires – le financement de la protection sociale - , charges incompressibles (loyers, abonnements eau, électricité, internet, téléphone), et de comparer l’impact de tous ces coûts et charges en fonction des tranches  de revenus.

 

Pourquoi tout amalgamer ? Parce que si dans certains milieux, on peut faire la fine bouche, considérer qu’un Euro d’impôt direct, un Euro de TVA, un Euro de revenu  ou un Euro de contributions sociale ne sont pas du tout la même chose, dans le bas de l’échelle, il n’y a plus  qu’une règle, celle de la trésorerie, celle des bouts de ficelle à tirer pour arriver à la fin du mois. Un Euro « contribué » ou un Euro taxé, c’est un Euro qui manque dès que la pression globale des charges agglomérées excède la limite au delà de laquelle la personne elle-même, sa famille, sont menacées.

Il est probable que même après « spoliation » à 75 % sur la tranche excédent le million, M. Depardieu eût encore conservé de confortables disponibilités.

 

Mais pour notre part, nous ne parlons pas de cette privation de caviar qui a ému les « Sages » du conseil constitutionnelle, pas plus que de brioche : non, nous parlons de pain, nous parlons de l’incompressible vital.

 

Du point de vue fiscal, la tranche marginale à 75 % n’a aucun impact sur ceux qui ne paient pas d’impôt direct. De toute la masse contrainte des dépenses courantes, l’impôt direct ne représente presque rien pour le pauvre qui en est exonéré. Son taux d’imposition n’est toutefois pas nul mais égal à la TVA qu’il paie sur ses achats ( entre 5.5 % et 19,6 %). Etant pauvre, il est probable qu’il économise fort peu d’argent, si bien que ce taux  oscillant entre 5.5 et 19.6 % est assis sur  la quasi totalité de son revenu. Ce revenu est lui-même amputé d’autres taxes (sur les carburants par exemple), mais surtout par les contributions sociales, de telle sorte que le revenu disponible finit par ne plus suffire aux dépenses de base. Un point d’équilibre est franchi quand le travail profite plus à des créanciers obligatoires (Etat, organismes sociaux, assurances obligatoires, abonnements indispensables, taxes locales, etc.) qu’au travailleur lui-même et que la part qui lui est laissée ne soutient plus sa vie ni ne justifie plus ses efforts.

 

On annonce que les prélèvements obligatoires s’établiront aux alentours de 56 % en 2014. Un travailleur indépendant gagnant le Smic et consommant l’intégralité de son revenu en nourriture  abandonnera donc quelque 66 % de son revenu sans compter d’autres dépenses contraintes, tels que loyer, assurances, abonnements. M. Depardieu, même après « spoliation à 75 % » s’en serait tiré de façon brillante.

 

Ainsi même non-imposable, le travailleur pauvre n’en est pas moins contribuable pour quelque 70 % de son revenu, non comptées d’autres charges impératives comme le loyer, électricité,  eau, assainissement, etc.

 

MM les Sages du Conseil constitutionnel ont tortillé des lèvres et estimé que la tranche marginale à 75 % était spoliatrice. Pas un ne s’est rendu compte  que la spoliation EST devenue le régime des indépendants, artisans, commerçants, salariés !  On a ainsi vu un commerçant contraint d’emprunter  à la banque pour payer sa taxe foncière des entreprises. Agrandi à l’échelle macroéconomique, un tel schéma par quoi l’impôt est payé par l’emprunt est une

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Published by Stephane Calence - dans olitique
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