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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 22:06

absurdité délétère. Perclus de TVA,  impôts, CSG, prélèvements obligatoires, harcelés incessamment d’exigences de justification, de taxes particulières, etc, enserrés de partout dans le lacis des règles, normes, qualifications, degrés, échelles, quotas, formulaires, conventions, taux, niches, dans un fouillis qui n’est pas sans évoquer la fin de l’Ancien régime. 

 

Qu’importe quelle époque, qu’importe de quel gabelou, de quel percepteur, de quel assureur, de quelle banque , de quelle URSSAF, de quel RSI, de quel fisc, de quel Etat on ait préservé le reliquat de son travail :  quand le reliquat que ces puissants nous laissent ne suffit plus à vivre, alors ne s’agit-il pas de spoliation ? 

 

Ce que le riche ne doit pas subir, le pauvre encore moins.  La spoliation n’est pas légitime. Le pauvre n’est pas en dette quand ses charges contraintes empiètent sur son revenu au point de fragiliser son existence. C’est à l’Etat de ne pas permettre de telles situations, bien que soit lui qui l’organise.

 

L’endogamie oligarchique de nos élites, leur proximité avec la grande bourgeoisie, leur faible renouvellement, le cumul général des mandats, tout cela ajouté au mille feuille politique et au kaléidoscope administratif propice à l’embrouillaminis des prérogatives, à la dissolution des responsabilités, à la constitution de baronnies.

Nos élites politiques sont de plus en plus médiocres, isolées. Voilà pourquoi elles brament à la spoliation des riches quand nulle voix ne s’élève alors que le Peuple est près de chuter sous le poids des fardeaux.

Et parmi ces fardeaux, le plus lourd, celui de la protection sociale.

 

La protection sociale nourrit une vaste classe d’administrateurs et de fonctionnaires

 

Mais si elle me tue, à qui donc profite la sécurité sociale ?

La protection sociale nourrit une vaste classe d’administrateurs et de fonctionnaires

 

Si le travailleur pauvre, l’artisan perclus de charges  comparent ce qu’ils contribuent aux aides qu’il perçoivent, tout en constatant que leurs dents sont en mauvais état et leurs bésicles plus à leur vue, ils se rendront compte que l’un dans l’autre ne rien leur prélever, ne rien leur redistribuer,  reviendrait au même.

 

Il contribue et il est « redistribué ». Mais non sans la contrepartie d’un contrôle tatillon et suspicieux, de demandes d’informations, de pièces , d’éclaircissement qui frise le harcèlement et ajoute encore à la tâche déjà écrasante du travail.

 

De travailleur libre qu’ils pourraient être, le modeste indépendant, l’artisan, l’éleveur, le petit agriculteur ,le petit commerçant sont devenus des travailleurs pauvres assistés. Un appauvrissement artificiel qui les rend dépendants. Il sont désormais tenus d’être actifs pour justifier leur revenu de solidarité active.

Or  c’est bien la « contribution » de ces travailleurs pauvres qui nourrit le fonctionnaire qui alloue les aides dont il dépend. Ainsi se produit ce tour de magie ou le financeur, le travailleur, de nourricier devient redevable !

 

Toute la puissance totalitaire du technicisme administratif s’exprime là ! Par un tour de passe-passe, au prétexte de sécurité et de solidarité, la liberté devient aliénation.

La protection sociale fut un puissant agent de salarisation et de fonctionnarisation de la société française .

Salarisation, dans le sens où le filet sociale est relativement plus lourd à gérer par des indépendants que par des entreprises employant du personnel salarié.  D’où un avantage relatif aux plus grosses structures.

Le salariat existait à peine sous l’Ancien Régime. A l’orée de la première guerre mondiale, 90 % de la population, largement paysanne, s’employait en dehors du salariat. Au Congrès d’Amiens en 1906, la CGT se prononce pour la disparition du salariat.

 

Fonctionnarisation, au sens le plus général, désignant l’explosion des organes d’administration et de contrôle  en tous genres – Etat, collectivités locale, assurances, etc -  conçus comme devant « sécuriser », « policer » les activités sociales et économiques. 

 

Toutefois, la question doit se poser de savoir où situer le curseur entre  contrôle et liberté de l’activité.

Dès lors que plus d’un tiers de la population est sensée servir, administrer et contrôler les deux tiers restants, qu’une fraction importante, fonctionnaires d’Etat, territoriaux, de Santé jouissent de statuts juridiques différents de leurs administrés, salariés ou indépendants, la question de la capacité des  administrateurs de comprendre les besoins de leurs administrés doit être questionnée.

Leurs statuts juridiques mêmes diffèrent.

Le fonctionnaire à l’instar du salarié - mais bien mieux protégé que lui - est  sûr de son revenu mensuel. Tous deux sont irresponsable ou presque sous le parapluie de leur administration ou de leur entreprise. L’ indépendant lui est  une pleine personne juridique et c’est à ses risques et périls qu’il travaille pour se nourrir.

Lorsqu’au sein d’une population les statuts juridiques et pratiques (sécurité de l’emploi pour l’administrateur fonctionnaire  versus précarité pour l’administré  salarié ou indépendant), s’écartent d’un tel degré, le risque existe qu’en raison de ces distorsions des biais politiques fracturent implicitement le corps social et  rendent compte de la myopie des administrateurs.

 

Il faut comprendre le développement de la protection sociale depuis 1936 dans ses rapports avec le développement du capitalisme d’Etat français. La fonctionnarisation et la salarisation quasi générales de la société française sont parallèle à son industrialisation. Les statuts juridiques personnels en cause ont alors représenté des solutions juridiques jugées souhaitables au développement d’une  économie de capitaines d’industrie nationaux agissant sous le pilotage de l’Etat. 

 

On peut comprendre sous ces angles – capitalisme d’Etat technocratique structurant la nation française jusqu’à la fin des trente glorieuses pour la vendre ensuite à un grand capital avide de salariés, et indifférente au mieux, voire hostile, à l’artisanat, au petit commerce, à la petite paysannerie considérés comme des archaïsmes. La plupart des syndicats ont emboité ces pas techno-progressistes et défendu et conquis les droits du salariat.  Mais ni le syndicaliste, ni le technocrate pas plus que  le capitaliste n’aiment  les autonomes !

 

La sécurité sociale discrimine l’entrepreneur individuel en le considérant à la fois comme personne et comme entreprise. Appuyés sur des taux de prélèvement plats, elle avantage les grosses structures et pénalisent les petites. On peut ainsi estimer que paradoxalement, en longue période, le filet social a constitué et constitue toujours un outils de concentration du capital et d’éradication du travail libre et représente un vecteur puissant de la salarisation de la société, et parallèlement de sa fonctionnarisation. Or le salariat est un contrat de dépendance. Il suspend certaines libertés politiques. Il constitue, pour certains penseurs sociaux, l’avatar moderne de l’esclavage dont Hobbes considérait qu’il était un contrat, car le vainqueur avait passé avec le captif le contrat de le laisser en vie en échange de sa servilité perpétuelle. Le capitalisme n’aime pas les autonomes.

 

 

Au delà

 

 

Dévoyée, la sécurité sociale inverse les flux de la solidarité : ils coulent désormais de la pauvreté à l’aisance, de la jeunesse fragile à la maturité assise,  jouées sur la scène d’une démocratie nominale et hypocrite,.

 

La sécurité sociale est le versant charitable de l’exploitation salariée moderne, dont elle aide à supporter et proroger les méfaits. Le déficit chronique de la sécurité sociale n’est que le reflet de ses tares : elle est assise sur le travail seulement. Or l’argent, le gros argent n’aime ni le travail ni le travailleur. Il aime gagner gros en peu d’efforts.  Peu d’efforts, peu de travail, peu de contributions et beaucoup de profits.

 

Le filet social connaît le sort des mastodontes administratifs qui finissent par oublier leur objet et leur vocation initiale pour ne plus exister que pour eux-mêmes et par eux-mêmes dans une sorte d’auto-

-justification circulaire légitimant des contrôles, des règles, des normes toujours plus tatillons.

 

N’ayant plus en vue que sa seule existence, la filet social est devenu un tonneau des Danaïdes : il ressemble à ces réseaux d’irrigation fuyards de partout dont les pertes en ligne finissent par excéder l’apport hydrique en bout de ligne.

 

Faut-il supprimer la protection sociale ? Certes non. Les animaux mêmes entre eux voir même entre espèces nourrissent solidarité, compassion, entraide.  La compétition féroce de tous contre tous, dont  la sécurité sociale se rend complice, est une fiction. Nous ne sommes rien sans les autres. L’enfer, c’est sans les autres.

 

Mais la forme même qu’adopte la solidarité collective renvoie profondément à l’ordre productif, marchand, financier et politique actuels. Or cet ordre est pervers, dans le sens où il considère que la croissance de la production et des échanges sont  la condition du bien être collectif planétaire.  Alors que dans le même temps cette croissance échevelées suscite de gravissimes périls au premier rang desquels le  dérèglement climatique, les cohortes de réfugiés par centaines de millions qu’il annonce et l’effondrement brutal et systémiques des chaînes biologiques dont notre subsistance dépend. Croissance effrénée en quête de profits toujours plus élevés grâce  à toujours plus de travail, de pression de harcèlement, de coups de fouet moraux. La croissance mais pour quoi ? Dans quels buts ? Vendre à mon voisin dans le besoin ce dont il n’a pas besoin pour ne pas moi-même me retrouver au chômage.

 

L’incivisme populaire répond à l’amoralité, au cynisme des élites, à leur cupidité, aux violences collectives légales qu’elles infligent,  à une solidarité dévoyée. Le fardeau des blessures  morales, à la fois  intimes  et collectives, est d’autant plus lourd que ces non-dits taraudent en silence la société française.

 

Qui a permis qu’on en arrive là ? Reprenons-nous collectivement, même s’il faut pour cela défier le monde. Les peuples, soyons-en sûrs, nous suivrons.

La croissance ne créera plus d’emploi. Emploi et croissance sont de beau temps décorrélés, comme l’annonçait précocement (1972) le rapport Meadows.  La concentration accrue du capital  lui permet de prolonger la croissance sans apport supplémentaire de main d’œuvre. Il importe juste de préserver a minima un certain filet social pour éviter les jacqueries.

 

L’accumulation, l’empilement, la thésaurisation et le profit constituent la seule ambition du mur de l’Argent . Rien de social dans ce projet. Il faut au contraire y voir l’expression des tendances les plus asociales et les plus régressives de l’espèce, voir un secret désir de mort.

 

Pervers encore ce système dans le sens où la poursuite du bien être collectif s’accompagne de la salarisation ou de la fonctionnarisation d’une part croissante de la population, c’est à dire de son asservissement légal temporaire. Pareillement, un contrat liait le gladiateur et son « impresario » (le laniste)  par lequel le premier autorisait le second à le punir par le fer ou le feu. Le contrat de salariat implique un travail assujetti, dépendant, mettant en parenthèse la démocratie. Tout au long du dernier siècle une part croissante de la vie s’est déroulé hors-démocratie, loin des forums traditionnels qu’étaient la place du village, l’estaminet du quartier populaire où se nouaient les proximités amicales et politiques.  Avec la salarisation de la société, la durée et les conditions de production, les objectifs, stratégies  des entreprises, la nature des marchandises produites et échangées, toutes choses dont la vie et le bien être des citoyens dépendent échappent de plus en plus  au contrôle démocratique. 

 

Système pervers encore quand les institutions sont elles mêmes minées de tares irréversibles. Au premier rang desquels le  mode électif de désignation de la représentation nationale. Ce système a peu à peu peuplé nos hémicycles, intercommunaux, départementaux, nationaux, d’oligarchies incompétentes, socialement peu représentatives, toutes minées de conflits d’intérêts. 

 

Pour être coupées du quotidien et réalités populaires,  elles sont la proie rêvée des groupes de pression, pour lesquels ces cénacles peuplés de naïves oies blanche, d’autant plus vulnérables que leur recrutement social – la fonction publique est majoritaire -  les prépare peu à la compréhension des enjeux techniques, entrepreneuriaux ou économiques.  Dès lors, en tout népotisme, copinage, calcul politique, affairisme, opportunisme, on se persuade entre soi, entre « élites »  politiques et oligarchies d’affaires, que croissance des profits, emploi et bien être public s’enchainent comme cause et conséquence.

 

Dès lors, en matière de santé,  il en va presque d’une équation : santé = groupes pharmaceutiques puissants. Pour assurer leur puissance, sensée alimenter la recherche, il importe que leur soit garanti un marché intérieur étendu. Dans le même temps on bannit sans la moindre évaluation les herboristes  et d’autres médecines douces. La même logique perverse prévaut quant interdiction est faite aux paysans, sauf déclaration expresse, d’utiliser une partie de leur récolte comme semence. Le bannissement du purin d’ortie en ressorti également. Tout cela prolonge et amplifie ce vaste mouvement, initié avec les «enclosures » de dépréciation et de négation des savoirs populaires au profit des savoirs savants d’une « élite » technique, minoration qui n’est au fond que la rationalisation secondaire masquant la néo-féodalisation générale en cours. Le prétexte à chaque fois scientifique, bien qu’au fond il  ne s’agisse que de cupidité et d’avidité.

 

Financer de grands groupes pharmaceutiques et  réparer les dégâts sur la santé provoqués par  l’industrie chimique  afin qu’in fine se maintienne un ordre fondé sur la recherche du profit, voilà où s’est fourvoyée la solidarité nationale ?

 

Dévoyée plus encore quand cette solidarité coule désormais du plus faible au plus aisé ! Et que dire de ce scandaleux mur du silence autour de la promesse impossible à tenir de servir demain aux générations contributives les avantages que leurs efforts procurent aux seniors.

Ce mensonge, cette escroquerie morale camouflés instillent un sourd poison au sein de la société française : il la divise la société et la clive selon un pendage  générationnel.

 

Dévoyée encore la protection sociale quand elle sert de légitimation à des administrations pléthoriques, qui se nourrissent sur la bête en en étouffant la vitalité. Dangereuses les administrations populeuses dont la masse et le nombre même impriment leur couleur frileuse, pessimiste et morose à l’ensemble de la société. Dangereuses encore quand ces mastodontes  se constituent en force politique,  luttant pour maintenir leurs statuts, avantages, emplois, et ce d’autant plus efficacement que ces administrations constituent les bras des oligarchies politiques endogamiques qui les administrent.

Ainsi s’inscrit de plus en plus profondément une fracture malsaine d’avec le reste de la Nation.

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Published by Stephane Calence
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