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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 10:19
engiarasum

riorim

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 10:12
mUSaraAigNe

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 20:29
hErbe mouiléE

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 20:22
mAtin frAis
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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 15:23
Eden et cataclysme

Les îles Andamans forment un archipel paradisiaque s’étalant de part et d’autre du tropique du Capricorne au large des côtes indiennes. Le raz de marée cataclysmique du 26 décembre 2004 a fait étonnamment peu de victimes animales. Les éléphants comme la petite faune s’étaient réfugiés semblent-il dans les hauteurs avant que la vague ne frappe. Pareillement les « sauvages » Sentinele, Ya-eng-nga, En-iregale - les Hommes parfaits - n’auraient pas connu de pertes humaines ou presque.

Aux échelles de temps géologiques, les tsunamis sont des évènements non pas rares, mais fréquents, dont on commence à deviner l’importance sur le dessin des lignes de côte. Les aborigènes andamans y ont survécu des dizaines de milliers d’années. Animaux et humains y partageaient et y partagent encore un monde commun, non séparé mais connexe. Connexes les oiseaux aux signes de la mer, les fourmis aux sons du sol, sensibles les tamanoirs au comportement des fourmis et les hommes au comportement des tamanoirs. Certains ont-ils pressenti la vague, fait des rêves, voire simplement écouté leurs pères et la tradition multimillénaire prévenant qu’il fallait fuir la mer retirée ? Entre intuition et clarté, ils ont compris les signes animaux.

Les aborigènes andamans sont des vestiges de la préhistoire. Il furent acteurs de la première hominisation de l’Asie du sud-est, qui progressa ensuite vers l’Insulinde, vers les îles de la Sonde, l’arc guinéen, l’Australie. Leurs îles, hommes et animaux, ont peu souffert du tsunami offrent un contraste net avec l’ampleur de la saignée humaine parmi les civilisés, parmi ceux qui n’ont pas su rester modestes face à la nature. Elle les a balayés pour leur audace, effacé leurs villages bâtis trop près des grèves. Le déchaînement de sa puissance a exterminé ceux qui ne la craignent pas assez, mais épargné les modestes hommes racine.

Tragiquement, près de ces îles frontalières de l’Eden, des étrangers ont trouvé du pétrole, le noir et vénéneux tsunami des civilisés. La clochardisation a commencé. Il reste des Sentinele, Ya-eng-nga, En-iregale, réfugiés sur des îlots. Conscients peut-être d’être les derniers d’une ère énorme, ils refusent obstinément tout contact, repoussent ceux qui tentent de débarquer, menaçant de leurs flèches les hélicoptères qui les survolent. Le temps andaman survit aux tsunamis mais périt devant la vague brune. Il faut qu’ils sortent d’Eden pour que la civilisation progresse.

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 22:42

Après les assassinats des dessinateurs de Charlie et d'un agent d'entretien, s'élèvent des voix demandant la liberté de blasphémer . Vraiment ?

Liberté de blasphémer qui serait constitutive de la liberté d'expression. Vraiment ? Qui se serait avisé de brûler le drapeau français durant ces journées d'unanimisme populiste et de propagande forcenée des medias aurait probablement vite senti les limites de ce prétendu droit au blasphème considéré comme indissociable de la liberté d'expression.

Nombre de lycéens – qui seront demain des citoyens auquel le temps qui passe donnera raison – qui ont refusé de s'associer volontairement à l'hommage national obligatoire ont compris ce qui signifiait leur liberté d'expression: opprobre et punition. Sans mentionner la liberté de dire «Je me sens Charly Coulibaly » qui vaut à «l'humoriste» Dieudonné d'être poursuivi pour une fantasmatique incitation au terrorisme 1.

Passons sur le fait que ce droit à blasphémer est une attaque directe au sentiment des citoyens français de confession musulmane modérés, dont l'identité est ainsi attaquée de front, au risque de les rejeter vers des franges bien plus extrêmes. Passons sur le fait que cette liberté de blasphémer constitue le germe de la dissension, voire du conflit civils.

Passons encore sur le fait que cette liberté de blasphémer est d'abord la liberté de blasphémer ce qui est sacré pour l'autre, tandis que pour les zélateurs de la posture blasphématoire il va de soi que leurs convictions à eux et les symboles qui sont eux intouchables et sacrés: brûler le drapeau français dans les jours qui suivirent l'attaque contre Charlie aurait probablement déclenché un lynchage.

Bref s'attaquer à ce qui est pour l'autre sacré serait un droit tandis qu'il serait légitime de condamner toute attaque contre ce que l'on considère pour son propre compte sacré. Il n'y eut dans les heures irrationnelles et populistes qui suivirent le massacre que l'épaisseur d'un cheveu entre l'indignation et l'apologie néocoloniale et le panégyrique de la mission civilisatrice de l'Occident.

On ne blasphème qu'en tant qu'il existe quelque dimension sacrée. Le droit à blasphémer suppose qu'il existe quelque objet à désacraliser. Désacraliser tant et plus – puisque là serait le danger - jusqu'au point où tout sacré serait annihilé.

Dans son ouvrage «La production des grands hommes: pouvoir et domination masculine chez les Baruyas de Nouvelle Guinée», l'anthropologue Maurice Godelier montre comment l'interdiction posée à la marchandisation des femmes - ou dit en termes à la fois anthropologiques et économiques le tabou mis à l'équivalence généralisée des choses et des êtres, en l'occurrence les femmes - a permis à celles des cultures papoues l'ayant édictée de mieux résister à l'acculturation, à la clochardisation, à la prolétarisation. Dans un autre ordre d'idée certaines populations de grands singes ont mieux résisté au braconnage pour être considéré comme leurs ancêtres par des populations voisines : on ne mange pas ses ancêtres !

Si donc il doit y avoir liberté de blasphémer, il faut résilier tout sacré. Dès lors, on ne voit pas sur quelle base morale il ne serait pas possible de vendre des êtres humains, de trafiquer ou de prostituer des enfants. Pourquoi et sur quelle base interdire le trafic d'organes : sans tabou, ni sacré en quoi ne constituerait-il pas un commerce comme un autre ? Sans interdit sacré, pourquoi l'air, l'eau, les ressources alimentaires ne constituerait-elles pas une légitime propriété ? Et dès lors que la vie humaine n'aurait plus rien de sacré, quel droit aurait la société d'interdire à leur légitime propriétaire de décider de la vie ou de la mort de ceux qui n'auraient pas les moyens d'acheter le droit de boire, de respirer ou de manger ? Celà après tout ne serait qu'un commerce comme un autre.

C'est d'ailleurs la position des libéraux intégristes, Pour Milton Friedman, dès lors qu'il existe une demande (l'économiste mentionne la drogue), il devrait exister un marché libre pour réaliser l'échange entre producteurs et consommateurs. Et puisqu'il existe des pédophiles, et probablement des producteurs d'enfants – des parents – ou indignes ou acculés à l'extrême pauvreté, prêts à marchander leurs produits génésiques, alors il devrait exister une bourse où conduire le commerce d'enfants.

Ce qui nous protège de telles dérives, dont le résultat sûr et rapide serait la désintégration sociale généralisée, ce sont justement les interdits moraux, des tabous, des proscriptions sacrées, fussent-elles purement laïques, prohibant le meurtre, la violence, le vol, le viol.

La morale est mauvaise pour les affaires, car elle prohibe, comme chez les cultures papoues, l'équivalence généralisée de tous les biens et de tous les êtres. Sur le fondement de la sacralité de la personne, le servage est ainsi illégal.

Or il existe des forces qui considèrent qu'un telle prohibition est inadmissible. La servitude ne permettrait-elle pas bien mieux d'assurer performance et compétitivité du capital ? Aussi est-il est souhaitable d'abattre les derniers remparts sacrés de la cohésion sociale, culturelle et symbolique grâce auxquels s'unissent et résistent collectivement les humains. Alors ne subsistera plus que le seul sacré qui compte à leurs yeux, celui absolument inviolable: la propriété privée.

1 Ce qui n'en rend pas moins haïssable le racisme antisémite du personnage

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 13:34

Il n'y a pas que les cultures souches, Indiens d'Amérique du Nord, Inuits, Fuégiens, aborigènes d'Australie que le capitalisme clochardise. Il clochardise même les animaux, tel ce grand singe aperçu perché sur un arbre au bord d'une route de Malaisie, contemplant hagard une forêt dévastée et son sol entaillé de profond sillons comme des cicatrices qui ne disparaîtront jamais. Sur cette terre dévastée on produit de l'huile de palme qui nous rend obèse et finiront par nous clochardiser tous, feront de nous des indiens, sauf les aristocrates détenteurs du capital.

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 02:03
Lingus, lingam, logos.

Pour Stephen Hawking, les concepts les plus subtils de la physique contemporaine seront demain des idées populaires. Tout homme est un génie pourvu qu’il soit naïf, écrit Alain. L’espace-temps newtonien nous paraît d’évidence. Pourtant le sensible le dément. Notre équilibre, et donc notre vision, s’inscrivent dans une ellipse où le haut et le large ne se valent pas : cela fait plus mal de chuter de deux mètres que de glisser d’autant. L’espace-temps newtonien est une conception savante tombée dans le domaine public. Quid du domaine public de l’espace-temps du chasseur paléolithique, quid du tissu du temps du rêve ? Les sauvages ignoraient tout des subtiles géométries riemaniennes débarrassées de l’orthogonalité. Mais leurs cosmogonies, leurs mythes, leurs paraboles fourmillent d’indices que leur espace-temps résonne de ce genre d’intuitions, vécues non comme des raisons, mais comme des évidences pratiques et sensibles, c’est à dire idéales et rêvées, a-temporelles et donc totalement causales dans toutes les sphères de la vie, subjective ou concrète, symbolique ou politique. On peut construire des modèles mathématiques de la physique sans vraiment rien ajouter au savoir utile. L’aune du savoir, sa rationalité, ne saurait gésir ailleurs que dans l’éthique, non dans quelque puérile efficace ou désir de puissance.

Prendre le mot au pied de la lettre, ignorer la durée jouée au sein de tout entendement, réifier le processus et croire qu’ils disent vrai, telle est l’erreur scientiste. Le logos, inconscient ou conscient, au contraire est verbe et geste. Il ne dévoile le monde qu’en le créant. « Lingus, le mot latin pour langue est dérivé du sanscrit lingams (phallus) et est aussi la racine du mot langage et logos. Le fait de placer la langue (phallus) entre les lèvres (vulve) représente le coït, c’est un geste sacré qui symbolise à la fois l’acte de procréation et l’acte de création du langage parlé »[1].

[1] Barbara Walker, The Woman Encyclopedia of Myths and Secrets, cité par Johanna Lambert, in « Femmes de la Nuit des temps », ouvrage consacré aux mythes de la tradition aborigène d’Australie.

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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 23:36
Causalité et effondrement systémique

Distribution de Cauchy

On a baptisé « normale » la cloche de Gauss, qui identifie fréquence et intensité d’un événement. Normale, car on la croyait refléter la distribution habituelle de la plupart des évènements de l’univers. Mais divers indices indiquent que sous d’autres angles, le cas n’est pas tel peut-être. Cauchy propose d’autres distributions disjointes où les bords de la cloche ne tendent pas vers zéro comme une jupe qui retombe pour sceller le possible, où des évènements exceptionnels n’ont pas une fréquence en rapport avec la magnitude de leurs conséquences, où les cataclysmes surviennent à des fréquences significatives, où des incidents emportent des conséquences de portée infinie. La dispersion de Cauchy pourrait à large échelle décrire les relations causales dans l’univers mieux que celle de Gauss. La répartition de Cauchy propose une autre relation de la cause à la conséquence. Des faits concomitants peuvent être causalement disjoints tandis que d’autres sans relations apparentes sont causes et conséquences. Une même cause peut provoquer des conséquences opposées ou encore des causes distinctes confondre leurs conséquences en un événement unique. Cauchy rend représentable l’accident, la catastrophe et leurs portées. Mandelbrot relie par la symétrie des échelles le continu au discret. Tous deux jettent des ponts autorisant à penser le passage du linéaire au non-linéaire. Au terme de son étude, Mandelbrot prévient ses commanditaires qu’on ne peut jamais anticiper la profondeur d’une crise. Au plus creux de la vague, c’est peut-être encore un autre abysse qui s’apprête à s’ouvrir.

Lorsqu’on observe un atome, ce que l’on étudie est en réalité l’espace des causes et des conséquences focalisées autour de cet événement sous notre observation.

Si l’on conçoit les atomes comme des boules de billard en collision, les mécaniques newtonienne ou képlérienne conviennent. Mais si plutôt que des grains singuliers, on considère les atomes comme des nuages de possibles, des formes vibratoires ou encore des moirures, alors il devient malaisé de leur assigner quelque localisation que ce soit dans l’espace et le temps pas plus qu’à la cause ou à la conséquence. Ce serait comme déclarer le clapot responsable de la houle.

La méthode hypothético-déductive, précisément, postule que peuvent se distinguer et relier une cause singulière et une conséquence singulière. Avec Mandelbrot et Cauchy, cause et conséquence n’entretiennent plus une relation de contiguïté, directe et linéaire, mais cause complexe et conséquence complexe se relient via un espace causal évoquant le remplissage du plan par le tracé et la médiation des dimensions fractionnelles.

On a vu qu’il suffisait d’une sphère creuse transpercée d’un rayon pivotant sur son centre pour définir, dans les deux dimensions de la surface sphérique un espace de dipôles en relation instantanée quel que soit le rayon. On pourrait pareillement concevoir un espace où tous les points seraient des distributions de Cauchy. Relier l’oscillateur complexe, nuages d’atomes, réseaux de neurones, populations animales ou humaines, à un espace de causes et de conséquence à la forme cauchienne ? Essaims plutôt que cloches aux très larges échelles, grandes magnitudes ou abysses profonds, où des conséquences immensément lointaines nouent par travers la durée et l’espace les causes infimes qui les tissent sans se soucier du temps ?

Mandelbrot, en reconnaissant le motif stable de la fractale à l’œuvre dans le flux des cours du coton ou du fleuve invite à « écraser la durée », à empiler ses diachronies en une transparence synchronique, comme si l’on s’abstrayait du déroulé du temps, comme si l’on posait comme unité l’âge de l’univers, dont toute durée serait une fraction. La géométrie de notre perception, celle de l’espace-temps, celle de l’univers sont de loin plus complexes que le modèle euclidien : c’est aujourd’hui une idée admise. Notre temps local continue son flux isotrope, lisse et plat, mais aux échelles de puissance, y a-t-il une topologie propre du temps où résonneraient les formes proposées par Mandelbrot et Cauchy, qui pointent vers une relation nouvelle de la cause à l’effet ?

vibrations, des constantes, des scansions de temps

Y a t-il des vibrations, des constantes, des scansions, des singularités, des persistances, des flux, des champs causaux, des graviers de temps, des blocs de conséquence, des plaques de durée au fluage mantellique ? Comme il y aurait des gravitons, y a-t-il des objets de temps, des blocs de temps, des structures, des rythmes, des motifs, des vortex, des interférences, des empilements, des plissements, des chiffonnements, des moirures, des atomes de temps ?

Une molécule organique, selon qu’elle dévie la lumière dans un sens ou un autre est vitale ou létale. La coquille des mollusques s’enroule dans un sens plus volontiers. La plupart des humains ont le foie à droite et sont préférentiellement droitiers. Le jet du dé décide entre le gain et la perte, comme le temps d’emblée se scinde en durée et instant, fourche que l’on dit origine. L’univers a préféré la matière à l’anti-matière présente au « commencement », disparue on ne sait où. A l’instar de ces chiralités fondamentales à l’origine de la vie, y a t-il une chiralité du temps, partant de l’instant, inexprimable car manifeste dès la racine de la sensation ?

Comme le big-bang déploie ses virtualités dans le temps et l’espace, le temps chiral élémentaire déploie-t-il ses incréments, cumuls, oscillations depuis les nanomondes jusqu’aux super amas ? Est-il le métronome basal, la première bifurcation, le générateur de toutes les distinctions et de leurs successions. Est-il le hachoir à durée, la baratte des nano-rythmes, le dé du possible scandant la matière condensée, la vie, le sensible, le sens ? Forme-t-il matrice de la perception, transparent comme l’eau, amplifiant la fourche fondamentale qui décante l’instant et peuple de durée implicite tout l’édifice logico-discursif, depuis la langue naturelle jusqu’aux mathématiques ? Là est peut-être encore une autre limite à la puissance de la raison qui préoccupe Feynman.

Energie, oscillations: un nouveau mode de causalité

La relation de cause à effet est fondée sur la proximité et la consécutivité. Il est impératif d’esquiver la charge de l’auroch acculé : la charge du ruminant est la cause, l’esquive de l’homme sa conséquence, parce que les deux évènements sont à la fois proches et consécutifs. Les deux évènements sont liés dans le temps direct de l’expérience. Le référentiel implicite est celui trivial de l’homme vivant. Si, à l’inverse, les durées sont énormes – la dérive des continents entasse des nappes de charriage qui s’empilent en montagnes – le géologue infère de son expérience directe, de la causalité proximale, triviale, celle plus large, plus longue de la convexion magmatique qui meut les plaques terrestres sur le dos de rouleaux de magma. Ainsi la causalité à large échelle de la dérive continentale reste sur « le plancher des vaches », déduite du directement perceptible, du substrat trivial de l’expérience de l’espace et du temps. Les théories quantique ou relative tentent de tendre un pont entre le temps et l’espace triviaux, et celui où espace, temps, énergie sont des termes solidaires et permutables. Quelle est leur traduction sensible ?

Si la forme du temps, de l’espace et de l’énergie n’est pas celle de ma perception, alors la relation entre cause et effet ne se joue pas nécessairement selon les géodésiques locales du temps, de l’espace et de l’énergie, seules accessibles à ma perception. Si bien qu’apparemment, des événements disjoints dans l’espace et le temps triviaux peuvent être, vus d’ailleurs, proches et consécutifs. Un piéton chute à Tokyo et au même moment à Paris, un passant se casse la jambe. Dix millénaires plus tard, un arbre géant s’effondre frappé par la foudre.

Nous sauver de la faim, cette peur archaïque, vitale, transcendante, nourrir la planète, produire des engrais, bâtir les industries nécessaires, raffiner les carburants des tracteurs, des camions, acheminer sur des routes de goudron à des distances de plus en plus considérables les récoltes de l’agriculture mécanique qui impose le remembrement des parcelles, l’arrachage des haies, d’extraire le charbon, les minerais, le pétrole, ces dépôts d’ères entières épuisés en deux siècles d’industrialisation [1], creuser, excaver, niveler, terrasser au point que le travaux humains deviennent le premier agent d’érosion, ouvrir à coup de dynamite des ports, des voies de béton pour drainer les récoltes, acheminer les intrants, exporter les extrants, organiser les marchés, centraliser la collecte des capitaux, accélérer leur rotation, financer les investissements et les amortissements, écrémer les profits, travailler plus, s’alimenter plus, consommer plus, et entretenir la compulsion de produire et de consommer toujours, réguler le symbole pour qu’il serve toujours à fuir la pleine liberté, la pleine autonomie, la pleine responsabilité d’une destinée assumée en tout être: voilà la trajectoire de la modernité, l’un possible des destins humains, où l’accident nous aura fourvoyés.

Bientôt le moteur de la crainte, du manque, de la peur de la faim, de la compulsion de manger, de produire, excède ses propres rives. L’atmosphère s’emplit de carbone anthropique qui hausse les températures, relève le niveau des mers, ajoute à l’énergie globale du système des quantités énormes d’entropie, multiplie les tornades, tempêtes, typhons, ouragans. L’excès modifie les profils d’équilibre des fleuves, rivières, ruisseaux, suscite tout au long de leurs cours et très loin des rivages et jusqu’aux sources instables des montagnes des remaniements profonds, glissements de terrains, effondrements de versants, fluage de sols imbibés d’eau. Dans les régions subarctiques, les pergélisols préservent gelées d’énormes masses de végétaux décomposés. En fondant, ils relâchent déjà des quantités colossales de carbone, dans un cercle vicieux auto-entretenu de réchauffement-dégazage. Les océans saturés sont incapables de continuer à jouer leur rôle de puits à carbone. L’élévation des températures suscite la fusion des clathrates, ces hydrates de méthane posés au fond des océans, dont le pouvoir calorique est vingt fois supérieur à celui du CO2. Leur dégazage pourrait n’être pas graduel, mais brutal. Quelques jours suffiraient. La calotte antarctique est aujourd’hui mitée de puits énormes où s’engouffrent en cataracte des fleuves d’eau formant sous elle des lacs qui la soulèvent, où flottent bientôt des pans entiers d’islandsis qui pourraient en quelques heures glisser en masse vers l’océan déclenchant un gigantesque tsunami planétaire. Le Gulf Stream, altérant brutalement son cours, pourrait en quelques semaines dire la messe de l’espèce. Associé à des précipitations abondantes, le globe s’enfoncerait dans une glaciation planétaire, résultat paradoxal du réchauffement climatique. Cette phase de « terre blanche », la terre l’a peut-être déjà traversé par le passé. La « terre blanche » constitue l’un des attracteurs étranges, l’un des équilibres méta-stables du chaos stochastique caractérisant la dynamique du climat.

De ces scénarii, quel sera notre destin, tandis qu’à la faveur de l’effondrement halieutique et agricole, de l’altération des biotopes, disettes, épizooties, épidémies et pandémies se répandent parmi des populations fragilisées, déstabilisées par plusieurs siècles d’exode, aux solidarités pulvérisées, moralement asthéniques, tandis que se pressent aux frontières débordées des centaines de millions de réfugiés affamés, alors qu’irrédentismes et terrorismes partout imposent le feu, le sang, le recours à la guerre préparée de longtemps par des armes terrifiantes ?

Les abeilles assurent la pollinisation de quatre-vingts pour cent des espèces végétales. Plus du tiers de l’alimentation humaine dépend de ces insectes. Les pesticides que l’agriculture intensive épand pour accroître les rendements et, dit-on, préserver la planète de la famine, se retrouvent dans les pollens et les nectars que consomment les pollinisateurs et leurs larves. Le développement des monocultures raréfie les ressources et les variétés de pollen, ce qui affecte la santé des abeilles, ouvre le champ à l'apparition de parasites ou d’affections virales nouvelles, tandis qu’à la faveur d’un climat changeant et de dissémination liée aux transports des hommes ou des marchandises, des espèces allochtones font leur apparition[2]. Pour tenter d’enrayer leur prolifération, on rend résistantes les cultures vivrières en manipulant leur génome pour les rendre toxiques à leurs agresseurs. Toxiques, elles le deviennent pour toute la biosphère, pour les vaches qui la consomment et les hommes qui mangent du steack-salade. Les pouponnières de la ruche ressemblent de plus en plus souvent à des cimetières, tandis que la fertilité déclinante des spermatozoïdes des mâles humains annonce des crèches silencieuses.

En quoi la chute d’un astéroïde sur le Yucatan concerne-t-elle l’aventure humaine ? En précipitant la fin des dinosaures, l’écrasement du bolide aurait précipité l’avènement des primates, parmi eux le sapiens. Contre Euclide ou Newton, le futur n’est pas une simple prolongation des lignes du passé. Une espèce disparue ne renaîtra jamais à l’identique, prévient Konrad Lorenz. Une espèce est la rencontre d’une racine génétique et d’une niche écologique. Elle est la croisée, la rencontre dynamique d’un potentiel génétique, d’un territoire, de ressources, de conditions climatiques, de populations concurrentes, d’accidents, écheveau tellement enchevêtré qu’il est impossible à désintriquer. Ce qui s’est produit ne peut nullement ne pas s’être produit, et aucun des évènements antérieurs, proche ou distant, majeur ou mineur, ne peut plus s’exclure de la conjonction des causes menant à la conséquence actuelle. On tente de sauver un germon à partir de la poignée de gênes qui subsistent, de sorte que si l’espèce n’eût été décimée, son avenir eût nécessairement différé dans des proportions potentiellement énormes. Dans quinze ou vingt mille ans, elle devra sa forme à sa décimation anthropique quinze ou vingt mille ans plus tôt.

Nos cellules sont dotées de mitochondries, essentielles à la conversion du glucose en énergie. Elles possèdent leur propre ADN et seraient les vestiges de « parasites » ayant un jour infecté quelque proto-cellule. Tous les métabolismes du vivant sont construits sur des régulations aussi vieilles que la vie, quelque quatre milliards d’années. Une infection accidentelle artificielle, touchant à des mécanismes fondamentaux mis en place très tôt par la vie entraînerait-elle dans le futur des conséquences d’ampleur symétrique ? S’il arrivait qu’au cours d’un incident scientifique ou terroriste, une fuite dispersât quelque nano-élément qui trouve à se glisser au sein d’un génome vivant[3], se pourrait-il que se développe une pandémie aux conséquences infinies en magnitude et durée ?

Introduire une variabilité génomique minime, polluer accidentellement ou non les métabolismes par l’injection de chaînes nanoscopiques inédites, sont des actions d’une brutalité fulgurante appliquées à des systèmes dont les homéostasies, les cycles d’action et de rétroaction suivent des dynamiques multimillénaires. De telles actions ont le potentiel de rompre des chaînes de millions de maillons, déséquilibrant les stocks vivants, entraînant en cascade la rupture d’autres cycles parfois fort éloignés, qu’on tente de corriger par des actions apparemment rationnelles qui en retour induisent des oscillations plus amplifiées encore, dans tous les ordres de conséquence : eaux empoisonnées, terres toxiques, campagnes désertées, exils continentaux, génocides, villes asphyxiées, personnalités désaxées, étoffe sociale désagrégée, modes de vie broyés, rythmes si effrénés qu’ils laissent stupéfaits et désarmés les temporalités longues du terreau biologique et ceux du vivre ensemble. Dissonance des temporalités, discordance des durées auxquelles répondent l’énormité énergétique des agressions anthropiques, rythmes déchaînés par les outils mais dont l’ampleur des conséquences excède de loin toutes les possibilités de remédiation technique. La haute instabilité des effets répond à la haute énergie des influx. Les temps linéaires sont désormais finis.

Comme l’action humaine gagne en magnitude, en impact, en puissance, en intensité, orages et tempêtes s’enchaînent, l’instabilité s’étend, le tangage enfle, les à-coups exacerbent les voltes qui nourrissent les secousses ; le système gavé d’énergie rompt toutes digues, les vecteurs tirent à hue et a dia, les durées dérapent sur des orbes fuyants, comme si partout, à toutes les échelles, de l’ADN au climat, du virus à l’homme et aux populations, toutes les trajectoires sombraient dans le chaos[4], nourries d’impulsions formidables, et finalement toutes les cordes tendues à l’excès en une dissonance synchrone, dans un claquement paroxysmique rompent, laissant derrière elle le seul écho du vide comme le claquement d’un fouet ? Fut-cela le big-bang ?

[1] Contrairement à la légende diffusée par la propagande techno-militariste libérale, l’uranium, dont les gisements seront épuisés dans une trentaine d’années, ne représente nullement une garantie d’autonomie énergétique. La situation vivrière du Niger, l’un des principaux exportateurs d’uranium, se dégrade, ce qui signifie que la ressource uranifère n’est pas payée son juste prix, et l’énergie qu’on en tire n’est bon marché que par le pillage seulement, grâce à la corruption des élites, aux deux bords de l’Afrique, érigée en système.

[2] Varroa destructor, Nosema ceranae, Israeli acute paralysis virus, frelon asiatique Vespa-velutina...

[3] Une telle fuite pourrait provenir d’un laboratoire de « haute » sécurité (P4) tel celui de Lyon, d’où j’écris. dont Son emplacement urbain a été tout particulièrement étudié pour maximiser les retombées terroristes : localisation en pleine ville, proximité d’un large boulevard facilitant un tir de missile sol-sol, dont le lanceur se porte sur l’épaule, depuis une voiture. Lyon ambitionne de devenir la nano-valley bio-technologique française, par atavisme probablement. Elle jouit en effet d’un fleuve contaminé par le PCB et possède une zone Seveso au Sud, une autre à l’Est. On aperçoit depuis la colline « inspirée » - Fourvières – la centrale nucléaire du Bugey à 40 km, dont l’explosion contaminerait un tiers de la France. Tout a été prévu dans un tel cas pour barrer les routes et prévenir la contamination des populations saines par les irradiés.

[4] Le mélange d’un gaz et d’un liquide gazeux connaît des états où la turbulence s’étendant de l’atome à l’échelle macroscopique rend visible le chaos du système, phase qu’on nomme opalescence critique.

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 19:43

Les élus sont-ils ou non tous pourris ?

La question est mal posée.

La gangrène de notre système politique n’est pas liée aux personnes : elle est inhérente à la mécanique même du système. Pour donner un exemple, ce qui fait du président de la république un quasi monarque, ce n’est pas la personne elle-même, mais son, élection selon le mode du suffrage universel. Quelle que soit la personne, elle succombera à l’idée qu’en elle même, « désignée » par le Peuple entier, elle est une sorte de souverain.

Les élus – quelle que soit leur honnêteté personnelle – sont tous pourris dans le sens où le système, plus grand qu’eux, les implique dans une mécanique sociale et politique qui les dépasse.

L’idée selon laquelle on a les élus qu’on mérite est absolument fausse. C’est oublier que la politique est d’abord affaire de sens : créer le sens, manipuler le sens, désigner le souhaitable, le possible, l’impossible : voilà pourquoi le grand capital s’est saisi des media afin de conformer les esprits qui ensuite demandent ce qu’on leur présente comme désirable, indésirable, possible ou non.

L’idée selon laquelle on a les élus qu’on mérite passe sous silence cette prise de contrôle de la création du sens : or créer le sens est véritablement stratégique. L’idée selon laquelle on a les élus qu’on mérite ressemble fort à la proposition libérale selon laquelle on est pauvre par choix, parce qu’on aurait bien pu faire le choix de devenir riche. Ou bien qu’on est libre ou non de regarder la publicité. Au coeur de cette idée, il y a la conception que chacun exerce son jugement librement et n’est aucunement influençable. La société est un ensemble de personnes libres, toutes parfaitement conscientes et informées. Il n’y a donc aucune raison de penser qu’un capitaine d’industrie contrôlant plusieurs media ait une influence largement supérieure à celle du pékin moyen. Dans cette conception, le vote d’un grand patron et celui d’un smicard sont identiques, puisqu’ils sont en théorie égaux. Ai-je besoin de pousser plus loin l’analogie de la théorie du libre marché ? Le scrutin universel repose sur cet axiome libéral de l’équivalence de tous et de chacun.

La désignation des représentants par le mode de désignation électoral, dès lors que cette élection vise des représentants généraux et lointains (le cas est différent lorsque la délégation est directe et locale, cas où la délégation par le vote est admissible) ne peut et ne pourra jamais que créer des oligarchies. Telle est la mécanique irréfragable du système.

L’une des réponses de la nomenklatura au déficit démocratique est la démocratie participative. Précisons le terme car il comporte pas mal d’ambiguïté.

Démocratie participative veut dire que les avis des « participants » n’a que valeur consultative. Les « élus » sont seuls à décider de la légitimité de ces avis. En d’autres termes la démocratie participative n’a aucune valeur de démo-cratie puisqu’elle n’est pas d’abord « kratein », verbe grec signifiant « administrer, gérer, décider ». Dès lors que les « participants » ne décident pas, la démocratie participative n’est pas un « kratein » et du coup encore moins une démo-cratie. Abandonnons ces vieilles lunes qui ne sont que les artifices du conservatisme pour nous maintenir dans l’obscurantisme. Voyons ce que donnera Saillans : toujours est-il qu’il ne s’agit que de démocratie directe par « tolérance ». La démocratie ne sera directe que lorsqu’elle sera impérative et non, pas seulement consultative et accessoire.

Les débats autour de la démocratie participative ont une longue histoire, celle des tentatives toujours renouvelées de dénier la démocratie au Peuple : hier c’était Charles X qui prétendait « dévoluer » (donner) une constitution au Peuple. Alors que le Peuple, comme seule source de la souveraineté et de la Loi, est le seul à pouvoir se donner une constitution. Il y eut ensuite le suffrage censitaire : seulsceux payant un impôt suffisant étaient sensés pouvoir diriger la Nation. Dans les démocraties populaires, des élites éclairées auraient seules été capables d’emmener la Prolétariat vers sa libération : les humains ont besoin d’un guide, comme on dit à l’UMP. Le culte du chef, par quoi on choisit la sécurité au prix de l’autonomie, est une idée tout aussi bleue que rouge ou rose.

Pour les femmes n’en parlons pas : en tant que mineures, elles n’ont pas la capacité à se diriger elles-mêmes. Un mâle élu est de loin plus à même de choisir ce qui est bon pour elles. Même chose pour un pauvre : s’il est pauvre il y a de bonnes raisons pour qu’on décide pour lui. Pour cela pas mieux que la désignation selon le mode électoral.

Si l’on souhaite changer la société, alors conserver l’élection comme mode central et unique de la désignation de la représentation nationale enferme nécessairement dans la mécanique perverse du système. Plus je veux le changer et plus je lui ressemble. Plus je le conteste, et plus il m’absorbe pour en avoir d’abord accepté les règles du jeu.

Il n’y a aucun avenir dans cette perversion : elle a transformé les forces de progrès en réaction : les roses sont devenus bleus et beaucoup de rouges roses, le pas juste avant le bleu.

Revenons à l’essentiel. La délégation par le « choix éclairé » est une idée qui renvoie à la conception bourgeoise du monde. Il est difficile d’accepter que ses propres idées et conceptions aient peu à voir avec le libre arbitre et beaucoup avec le mimétisme moutonnier. Il est difficile d’accepter de rogner son propre égo pour reconnaître que l’on est nain, tant dans nos capacités cognitives notre habileté à l’autonomie. Or c’est bien l’idée contraire- toute puissance de l’intelligence humaine face à la nature ignare et hostile- qui a mené notre espèce au bord du gouffre et la maintient dans l’obscurité de l’exploitation de tous par tous.

Il faut admettre que la mécanique des systèmes – fussent-ils d’invention humaine – dépassent l’homme. Que celui-ci est d’abord l’expression du système, et non pas d’abord son agent.

Voilà pourquoi, pour ces raisons fondamentales, je plaide pour l’introduction du tirage au sort comme élément essentiel au cœur de la démocratie (tous les mots comptent). Il n’y aura jamais d’autres moyens – telle est la fatalité humaine- de faire en sorte que le corps politique décisionnel reflète la composition réelle de la société. Le vote ne le permettra, mécaniquement, jamais.

Il y a ensuite une idée selon laquelle la démocratie directe serait la meilleure chose du monde. C’est oublier que si la Gaule avait combattu de manière organisée et coordonnée face à César (le Hitler de l’époque) notre destin en aurait été profondément changé. L’utopie « démocratie directe » ne prend pas en compte le fait que certaines questions doivent être traitées à un échelon plus global : c’est le cas par exemple d’une agression étrangère, agressin certaine dès lors que le Peuple déciderait d’un destin qui contreviendrait aux intérêts des oligarchies maîtresses des pays qui nous entourent. Comment un peuple réellement démocratique répond-démocratiquement à l’agression des bourgeoisies étrangère ?

Pour donner un autre exemple, comment gérer la ressource en eau, quand celle-ci affecte de nombreuses communautés dont chacune pourrait démocratiquement et directement souveraine. Comment organise-t-on la démocratie dès lors que plusieurs assemblées directes s’opposeraient. S’agira-t-il de construire des féodalités, baronnies, duchés, chacun luttant férocement pour ses propres intérêts ? Quitte à mener la guerre au village d’à côté, configuration dont l’histoire présente de nombreux exemples ?

Dans son ouvrage « Effondrement » Jared Diamon analyse de nombreux exemples d’effondrements sociétaux, comme celui qui nous pend au nez, avec toutefois une magnitude inédite dans l’histoire humaine. Il en conclut que la catastrophe arrive parfois par les élites, parfois par les comportements individuels égoïstes. Car il arrive à l’inverse que la catastrophe provienne des comportements individuels tandis que les élites parviennent à proposer des solutions bénéfiques.

Comment articule-t-on démocratiquement le local et le global ? Quelles institutions démocratiques nous préserveraient-elles tout à la fois du péril rétrograde ( le monde s’arrête aux portes de mon village démocratique) comme du péril totalitaire (pour assurer le bien-être de tous, il faut un pouvoir central fort, fût-il éventuellement « démocratiquement » élu ?

Sur les questions de démocratie, démocratie directe, populisme, il faut lire la « Politique » d’Aristote. Aristote a eu la chance (outre de ne pas avoir à se faire de soucis pour manger : c’était un aristocrate) de vivre à un moment historique où les formes politiques que nous connaissons sortaient tout juste de l’œuf. Il les regarde en tant que nouveautés, avec l’œil frais de celui qui voit pour la première fois. Il recense les potentats et dictatures de son époque, balance les avantages des unes et des autres, notamment en référence à la "démocratie athénienne".

Celle-ci, on le sait, se tenait à l’agora, où n’intervenait guère au mieux qu’un dixième de la population (ni femmes, ni esclaves, ni ouvriers, ni artisans, ni payans, trop pauvres pour distraire leur temps productif pour faire "de la démocratie" . Aristote dépeint avec effroi ce que nous pourrions appeler « démocratie directe ». Cette démocratie directe n’est pas celle que certains appellent de leurs vœux. Elle ressemble plus à une fin de match entre le PSG et l’OM quand « l’assemblée » des supporters se déverse après match pour casser, incendie, cogner.

Or de tels débordements se sont produits dans les cités antiques quand l’agora enflammée par un orateur habile (du genre Sarkozy) se déversait dans les rues pour aller piller et incendier le bouc émissaire – juif, arabe, pédé…les termes varient selon l’époque - désigné à la vindicte populaire par l’orateur habile. Ces choses se sont produites et se reproduiront. Elles se sont produites en 1933 et permis à Hitler d'accéder au pouvoir (Napoléon a également été "élu" selon des modalités comparables)

Comment, et avec quelles institutions, les plus démocratiques possibles, combat-on à la fois l’ accaparement oligarchique spoliant le plus grand nombre et la dérive populiste par quoi un escroc politique convainc le plus grand nombre de le suivre sur des intentions trompeuses ?

Quelles institutions pour se prémunir des ces dangers opposés ?

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Published by Stephane Calence
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