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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 15:06

Parti en cocaïne

visiter le Sahara

la nuit baillait un jour laiteux

de son sabot ma monture leva

un scolopendre lové dans une coloquinte

du cocon ligneux  ennuyé et marri

d’être ainsi tant tancé

il me montra mon nez

Instantanément

plus gras et plus brillant

je louchais sur le miroir céreux

où brillait

une étoile de cellulose

une fleur d’ouate

un cristal de diamant

Ma mule tanguait sur des croupes de sable

avec comme seul orient entre mes yeux

cette étoile sur mon nez

Il me fallait la suivre

Je montais, descendais des marches minérales

entre des haies d’yeux blancs qui me suivaient

dans des visages noirs

d’autres à mes pieds gisaient

C’est de Sète que je partis

ayant dormi deux jours dans une villa

saccagée de la Colline Saint Clair

dont je sautais le porche art-déco

voilà trois pièces

la première au lavis bleu jonchée de gravats

la seconde sanglante rongée de moisissure

dans la troisième les éclats d’un miroir

les chiottes sont couverts de poussière

La pluie à l’aube me tira de mon gîte

tout près la grande croix de néon

dans le jardin de l’église achevait de baver

sa laitance blafarde

Je rencontrai Aïcha :

elle me conseilla d’en parler à Malika

qui raccompagnait Esteban.

N’en pouvant plus, je rentrai à Montpellier

astiquer l’étoile d’ouate

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 14:35

Peut-on confier à l’autan desséchant

la renoncule et l’anémone ?

Le sanglier brun a la chair rose,

au cuir semé de soies rêches :

peut-il peser, couvrir leur blanc épiderme ?

Sirocco, foehn, harmattan:

qu’ils fouettent les phacochères !

Qu’à foison l’haleine des jungles

enivrent les papillons

abreuvent enfin les nymphes de rosée,

coquelicots et orchidées
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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 14:17

april-2012-clouds-sunset-grassland-028.jpg 

       Le vaisseau du temps

aux palpitations nombreuses

ramifié de veinules

en intimes réseaux

profile aux hublots jaunes

de sa carlingue d’alu

dévorée d’yeux

les têtes 

de vieillards enfants

qui jettent sur le cosmos

les galaxies les comètes

d’anxieux regards étonnés

et tournent 

sur le pivot fripé

de leurs cous grêles

avec des hoquèts de poule

l’effroi

de leurs pupilles vitreuses

vers le képi

à la visière huileuse

du capitaine

qui fébrilement fouraille

pour la manœuvre de l’arrêt

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 14:00

les cocotiers s’alignent

en dociles rangées

où le vent s’enfile

par rafales

agitant les palmées

d’où chutent les coques ligneuses

à l’âme savoureuse
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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 13:55

ligne morte en longueur

sans faisceau ni lumière

accrochée dans le vide

à ce monde gravide

de souffrances

à plus soif

jours de pluie et d’araignées

quand jaillit en double pose

le tronc de l’hallucination 
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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 13:16

A ma peau suspendue tes caresses

et mon cœur tout beurré de tendresse

à mon oreille tes cris de ventre

dont résonne encore la forêt ténébreuse

qu’envient alanguis de leurs belles

 le cerf bramant ou l’ours réveillé


je vois tes yeux mon cœur

leur flamme rieuse

et ta taille menue

que deux mains mâles ceinturent

allongée désirablement nue

sur un tapis d’air et de lune

seras-tu toujours cette perle

ce souvenir de génie

sous la voûte d’étoiles

de peau et de caresses

de pompes soyeuses

et de buccales délices

où nous berçâmes enfants

toutes les cosmogonies ?

Mémoires trop serrées pour y songer sans doute

car la droite, l’angle, le calcul

président aussi aux couples :

les larmes, les déchirements ruinent même les pyramides 

et le crêpe lourd ensevelit les enfants les plus beaux

solitude, force, fierté

sont compagnes plus fidèles

qu’amoureuse de chair !

Pour seule promesse alors

un amour provençal

aux journées belles

à l’azur si profond que les siècles y stationnent

où des avions d’argent ont des murmures d’insecte

où tes pupilles tracent des rayons légers

amour d’un seul été

et de simple gaîté

qu’aucun hiver, oncques froidure,

sans pâleur ni blessure

ne troublent ton rire clair !

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 12:39

Heureux ce soir,

il me manque de t’embrasser

je te souhaite près de moi

nous partirions voyager

manger des pâtisseries et boire du café

énervant sur les berges lumineuses

des canaux vénitiens

ton souvenir est du monde surhumain

idées sans clavicule ni pied ni bras

idées de tête, d’oreille, de bouches, d’yeux

idées peintes ou pensées

de paradis d’apocalypse

poësie tragique

des choses produites sans défaut

ni ternes, ni sales, ni laides

inincarnées

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 12:01

Je suis enfant

le monde est une partie de dominos

des phallus sur les cases noires

et je roule ma vulve

sur ces pines suppliantes

et jamais rassasiées

je suis une bille

presqu’intangible

toute ronde

mon œil voit

partout dans ce miroir sphérique

le doigt sur la corolle

une langue me lèche le cervelet

ne touchez pas à la femme enfant

elle ne sait pas où elle est

ce qu’elle fait

ni ce qui lui ressemble

alors ne la touchez pas

de peur que la laborieuse

merveilleuse

débordante

explosante

pétaradante

déboussolante

amarante

affriolante

attente

extente

calorifique alchimie

de cet être si gracieux

ne meure

si la boule de cristal casse

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 11:08

Musique, discontinu, continu 

 

Les longueurs d’onde se contrefichent des nombres absolus. Elles ne connaissent que les rapports. Ainsi si l’on parle de Hertz, c’est bien d’un nombre de cycle par seconde à quoi l’on réfère. Or la seconde n’est elle  même que la période d’un balancier ou, selon une définition plus récente, un certain nombre de battements du césium.

Le nombre entier ou réel ne trouve en musique d’expression conforme à l’expérience que lorsque sont comparées deux fréquences, qui elles peuvent être l’une à l’autre dans un rapport entier ou réel. Il paraît possible – bien que le quantum d’énergie puisse invalider la conjecture – que deux fréquences entretiennent entre elles un rapport numérique irrationnel. Il serait intéressant que des physiciens et des cogniticiens fouillassent cette question. Si de tels rapports irrationnels entre sons existent, comment sont-ils perçus ? Sont-ils discriminés ?

 

On sait que l’école pythagoricienne cachait comme un secret honteux qu’existaient entre les nombre des rapports irrationnels, ceux notamment qu’entretiennent entre elles les longueurs ou aires du carré et du cercle. 

 

Tout l’effort de construction des gammes musicales consiste à faire entrer de force un cube par l’orifice d’une bouteille, à insérer un carré dans un rond, à scander le continu, à limiter l’étendue, à l’enserrer de limites, à y poser des jalons : bref l’effort pythagoricien de théorisation de la musique fait bel et bien partie de l’entreprise de quantification du monde – c’est à dessein qu’on préfère ce terme à celui consacré par l’usage d’ arithmétisation – qui part de Pythagore (et en fait bien en deçà) pour nous conduire à la recherche du boson de Higgs en passant par Galilée, Képler et Newton.

 

On comprend aisément qu’une gamme discrète est nécessaire dès lors que les instruments de musique n’émettent des sons qu’au moyen d’artifices physiques eux-mêmes discrets : trous de la flute, cordes du luth ou du cithare.

 

Tous les instruments pourtant ne tombent sous la coup de la fatalité discrète : le violon, le erhu chinois, la voix humaine probablement peuvent émettre n’importe quelle note : ils sont capables du continu.

Joseph Needham, dans sa somme sur les sciences en Chine, estime que les théories de champ n’auraient pas suscité les résistances que leur proposition a suscité en Occident si la Chine avait eu la prééminence politique et philosophique sur la scène du monde.

 

De fait la musique chinoise, toute pentatonique qu’elle soit en apparence, flirte sans souci ni réticence avec le continu. Aussi peut-on voir en les pythagoriciens les précurseurs de l’aristotélisme. Si Aristote les dénigre abondamment, il s’en nourrit pourtant et tous abondent à ce même effort  de discrétisation, de réduction, d’atomisation du monde qui nous conduit en droite ligne au monde moderne, si pragmatiquement puissant et pourtant au bord de l’abime moral et vital.

 

La science occidentale a désormais acquis l’hegemon. Elle est devenue la doxa universelle (même si au fond n’est apprécié hors l’Occident   que son versant pratique). N’être plus que la seule métaphysique à subsister à l’horizon est un drame anthropologique.

 

Car toute l’histoire humaine se construit dans cette béance, cette tension, ce drame entre discret et  continu : l’univers présente l’apparence du continu mais le sens ne peut l’appréhender qu’au travers le discret. Le nombre qui est discrétisation des phénomènes apparaît très tôt dans l’histoire de la vie : les recherche les plus récentes suggèrent que quelque sens  du rythme et du nombre – la même chose au fond – apparaît dès la bactérie. L’homme lui-même est un être discret – au delà de ma peau ce n’est plus moi – qui pourtant par l’organe de l’entendement (encore que le mot disconvienne et qu’il faudrait plutôt convoquer ici l’idée boudhiste de « sens du connaître » qui prolonge les cinq sens que l’Occident se reconnaît) devine, perçoit, intuitionne le continu et l’unité fondamentales des phénomènes.

 

De ces quelques lignes jetées un matin ensoleillé au fil du clavier, deux idées surnagent comme une séparation de phases : que la musique, pas plus que la science, ne peut prendre position sur le monde. Elle résonne en écho au jet de dé (1) initial qui sur le fondement de la béance  cognitive évoquée à l’instant fait que la civilisation, ici prend plutôt le parti du discontinu, là plutôt le parti du continu.

On voit ensuite que l’engluement contemporain de la science dans les apories insolubles des rapports du champ et du quantum, de la relativité et de la mécanique quantique, de l’histoire et de l’instant, du macroscosme et du microcosme, renvoie au fond aux premières esquisses musicales, c’est à dire aux rapports de la connaissance et de l’intuitionné.

 (1) Jet de dé contre quoi s’insurge  Einstein, mais qui pour l’hindouisme est le jeu fondateur par quoi dans un lancer les dieux créent l’univers et  animent la Maya. 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 23:35

J’ai un arbre au creux de la peau

tu ne peux rien y voir même blonde et bleue

c’est un tronc gris et fourrailleux

brûlé noirci par les gelées

un arbre d’épines au pied

d’imaginations lésées

de rêves avariés

d’orgasmes foudroyés

il y circule un sombre sang

gonflant des vaisseaux transparents

près d’éclater !

Vie rêvée

révolte rouge

horreurs d’épines renversées

mur de larmes figé

de surdités stridentes

de bouches ouvertes

dans mes yeux

béants
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