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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 21:22

Une arrête me pousse au milieu de la bouche

une de ces pointes téleostéennes effilées

venant cliver le palais comme un bec de lièvre

ou l’humus gras d’un soc fendant

la lourde glaise d’une vulve


de mes yeux je n’ai plus en capital

que la moitié de mes cônes


de mes deux os, je n’ai plus que le bréchet

que les enfants strictionnent

de leurs babils heureux


spina bifida

comme une poutre flambée

la prunelle de Caïn où pend à sa moitié

la glaire cristalline

du travail du stylet sur l’iris


je ne vois plus

sauf le miroir de Narcisse

l’art multiséculaire

de fendre la pupille

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 17:24

en bleu de chauffe j’irai

ravauder cordages et filets

je laisserai ma lance

et oyant le tango

je trierai maquereaux et mérous

desserrerai l’étreinte trucide

des étoiles sur les coques

à marée basse

dans de petites flaques

je cueillerai les vers

poilus ou annelés

pour les offrir à la brune venue

à la blonde choisie

à marée basse

les crabes roulent comme des larmes

sur les rides des vieilles femmes

nous ferons le tour de leurs coiffes en tandem

nous les amidonnerons de nos semences

qu’elles rient, qu’elles rient les débris

qu’elles montrent leurs râteliers jaunis

et toute la sombre

végétation de leurs gorges affaissées

en tandem cul et selle

nous jetterons à poignée

au soleil le sel des marais

que de pousses, que de pousses vertes

de grasse salicorne !

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 15:23

Quand dans l’exil profond

les yeux perdent la charis

quand la voix se dédouble

et les mots, les mots, les mots,

les choses, les gens s’alignent pâles

en corridors terrifiants

quand la vie exsangue

sue la douleur au long des autoroutes

l’être ne tient plus qu’aux seuls fils de sa marionnette,

raccord cassé

rien de plus simple

ne reste qu’à dormir

étouffer la souffrance

acheter des fleurs

qui sont des papillons aptères

tracer sur du papier muet

plutôt que de casser le corps

amours mortes aux portes de l’Enfer

étranglement aphone

visage à jamais alourdi

jeté en jonché en son jardin

en pâture aux vautours

ou aux bipèdes gais

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 15:06

Parti en cocaïne

visiter le Sahara

la nuit baillait un jour laiteux

de son sabot ma monture leva

un scolopendre lové dans une coloquinte

du cocon ligneux  ennuyé et marri

d’être ainsi tant tancé

il me montra mon nez

Instantanément

plus gras et plus brillant

je louchais sur le miroir céreux

où brillait

une étoile de cellulose

une fleur d’ouate

un cristal de diamant

Ma mule tanguait sur des croupes de sable

avec comme seul orient entre mes yeux

cette étoile sur mon nez

Il me fallait la suivre

Je montais, descendais des marches minérales

entre des haies d’yeux blancs qui me suivaient

dans des visages noirs

d’autres à mes pieds gisaient

C’est de Sète que je partis

ayant dormi deux jours dans une villa

saccagée de la Colline Saint Clair

dont je sautais le porche art-déco

voilà trois pièces

la première au lavis bleu jonchée de gravats

la seconde sanglante rongée de moisissure

dans la troisième les éclats d’un miroir

les chiottes sont couverts de poussière

La pluie à l’aube me tira de mon gîte

tout près la grande croix de néon

dans le jardin de l’église achevait de baver

sa laitance blafarde

Je rencontrai Aïcha :

elle me conseilla d’en parler à Malika

qui raccompagnait Esteban.

N’en pouvant plus, je rentrai à Montpellier

astiquer l’étoile d’ouate

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 14:35

Peut-on confier à l’autan desséchant

la renoncule et l’anémone ?

Le sanglier brun a la chair rose,

au cuir semé de soies rêches :

peut-il peser, couvrir leur blanc épiderme ?

Sirocco, foehn, harmattan:

qu’ils fouettent les phacochères !

Qu’à foison l’haleine des jungles

enivrent les papillons

abreuvent enfin les nymphes de rosée,

coquelicots et orchidées
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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 14:17

april-2012-clouds-sunset-grassland-028.jpg 

       Le vaisseau du temps

aux palpitations nombreuses

ramifié de veinules

en intimes réseaux

profile aux hublots jaunes

de sa carlingue d’alu

dévorée d’yeux

les têtes 

de vieillards enfants

qui jettent sur le cosmos

les galaxies les comètes

d’anxieux regards étonnés

et tournent 

sur le pivot fripé

de leurs cous grêles

avec des hoquèts de poule

l’effroi

de leurs pupilles vitreuses

vers le képi

à la visière huileuse

du capitaine

qui fébrilement fouraille

pour la manœuvre de l’arrêt

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 14:00

les cocotiers s’alignent

en dociles rangées

où le vent s’enfile

par rafales

agitant les palmées

d’où chutent les coques ligneuses

à l’âme savoureuse
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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 13:55

ligne morte en longueur

sans faisceau ni lumière

accrochée dans le vide

à ce monde gravide

de souffrances

à plus soif

jours de pluie et d’araignées

quand jaillit en double pose

le tronc de l’hallucination 
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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 13:16

A ma peau suspendue tes caresses

et mon cœur tout beurré de tendresse

à mon oreille tes cris de ventre

dont résonne encore la forêt ténébreuse

qu’envient alanguis de leurs belles

 le cerf bramant ou l’ours réveillé


je vois tes yeux mon cœur

leur flamme rieuse

et ta taille menue

que deux mains mâles ceinturent

allongée désirablement nue

sur un tapis d’air et de lune

seras-tu toujours cette perle

ce souvenir de génie

sous la voûte d’étoiles

de peau et de caresses

de pompes soyeuses

et de buccales délices

où nous berçâmes enfants

toutes les cosmogonies ?

Mémoires trop serrées pour y songer sans doute

car la droite, l’angle, le calcul

président aussi aux couples :

les larmes, les déchirements ruinent même les pyramides 

et le crêpe lourd ensevelit les enfants les plus beaux

solitude, force, fierté

sont compagnes plus fidèles

qu’amoureuse de chair !

Pour seule promesse alors

un amour provençal

aux journées belles

à l’azur si profond que les siècles y stationnent

où des avions d’argent ont des murmures d’insecte

où tes pupilles tracent des rayons légers

amour d’un seul été

et de simple gaîté

qu’aucun hiver, oncques froidure,

sans pâleur ni blessure

ne troublent ton rire clair !

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 12:39

Heureux ce soir,

il me manque de t’embrasser

je te souhaite près de moi

nous partirions voyager

manger des pâtisseries et boire du café

énervant sur les berges lumineuses

des canaux vénitiens

ton souvenir est du monde surhumain

idées sans clavicule ni pied ni bras

idées de tête, d’oreille, de bouches, d’yeux

idées peintes ou pensées

de paradis d’apocalypse

poësie tragique

des choses produites sans défaut

ni ternes, ni sales, ni laides

inincarnées

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