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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 10:18

La France compte,  à elle seule, près de 40% des communes de l’Union européenne, soit quelque 36 000 communes (Allemagne : 12 196 ; Italie 8 101). La population médiane de la commune française, est de 423 habitants (139 dans la Drôme), contre 2300 en Italie et 11 000 en Belgique. Dans la Drôme, 86 communes comptent moins de 100 habitants et six, seulement, sont peuplées de plus de 10 000 Habitants (Insee).

L’atomisation communale française est-elle une bonne chose pour la démocratie ?

Le dictateur napoléonien ne prisait guère les contre-pouvoirs. Il a donc fait des maires faibles, des communes petites, nombreuses et faciles à soumettre.

Communes si petites qu’il arrive, dans les territoires ruraux, que le foncier soit contrôlé par une ou deux familles. Au sein du conseil municipal, on maquignonne entre soi dans un quasi huis-clos. Passe-droit, arnaque à la Pac, détournement de fonds public… L’omerta joue à plein.

Tous les élus ne seraient pas pourris. Seules les élites politiques le sont : le scandale public chaque jour le montre un peu plus. Marianne pue du bec ; elle a aussi les dessous sales.

L’hexagone compte  de florissantes multinationales, dans des secteurs essentiels à la vie publique : eau, énergie, assainissement… Déraisonnablement puissantes, elles constituent de véritables cancers x métastasés au cœur de la démocratie. C’est pour elles une friandise que de rouler dans la farine des édiles, trop faibles, trop petits, trop nombreux, dépourvus de l’expertise et du poids politique nécessaires pour résister à leur hégémonie néo-féodale.  

Il est encore un autre lieu où l’inflation communale se révèle nuisible à la démocratie : le Sénat.  Les édiles municipaux sont  grands-électeurs à la Chambre « haute » : ils constituent 95 % du collège électoral (162 00 grands électeurs). Or la démographie des conseils municipaux, spécialement ceux issus des plus petites communes, est fortement biaisée au profit de retraités aisés. Ceci au détriment des jeunes et des actifs. Ces éléments pèsent fortement sur la vitalité de notre démocratie, sur sa capacité à relever les défis de la modernité.

Réduire le nombre de communes, accroître leur population, c’est bien renforcer la démocratie. C’est permettre l’existence en leur sein de véritables contre-pouvoirs. C’est leur donner la capacité de mieux résister à l’avidité sans frein des multinationales, de mieux défendre leur population face à l’Etat. C’est faire sauter le verrou rétrograde du Sénat. C’est encore améliorer le statut de l’élu, grâce à de meilleures rémunérations, permises par la réduction de leur nombre, autorisant ainsi le rajeunissement et la diversification sociale des édiles.

Les regroupements de communes, objectera-t-on, vont dans ce sens. En réalité, on ne fait qu’ajouter chaque fois une couche de plus au mille-feuilles. La démocratie n’en sort pas grandie, mais bien diminuée.

Enfin, dans une perspective de révision et de progrès constitutionnels, seules des communes suffisamment peuplées permettront que s’expriment pleinement les avantages multiples du tirage au sort de la représentation politique.

 

 

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 16:20

La sécurité sociale facteur de pauvreté et de précarité

Sécurité sociale : hypocrisie et dévoiement de la solidarité

Sécurité sociale et productivisme

Contribution ou spoliation ?

La protection sociale nourrit une vaste classe d’administrateurs et de fonctionnaires

La sécurité sociale contre l’autonomie du travail

La sécurité sociale vecteur de salarisation et de fonctionnarisation de la société

Au delà : pistes et solutions

Que faire ?

Otium et tripalium

 

 

A quoi sert la protection sociale ?

 

A quoi sert la protection sociale ?

 

Je suis artisan électricien. Aujourd’hui SANS solidarité sociale, je m’en tirerais. Mais AVEC la solidarité sociale, je  survis à peine. Je subsiste au RSA.  Je travaille et je m’enfonce  dans la pauvreté. Un tiers des SDF ont un travail : sous un pont un jour j’ai rencontré  une coiffeuse à domicile qui entre son instrument de travail, sa voiture, et son appartement, elle avait dû faire un choix. Elle dormait donc dans sa voiture. Sans charges sociales, elle aurait probablement pu se payer un appartement.  

La solidarité nous tue.

 

La protection sociale : combien d’artisans, de petits commerçants  jetées au chômage, combien de villages privés d’épiciers ?  La protection sociale :

combien de faillites ?  La protection sociale : combien de SDF ?

 

 41 années de travail continu pour espérer une retraite à temps plein ! Quel message d’espoir ! 41 années : comme si les Trente Glorieuses n’avaient pas cessé depuis plus d’un demi-siècle. Comme si le plein emploi et le CDI étaient toujours la règle et que cela continuera encore 41 années au moins. On promet aux générations actuelles de contributeurs et parmi eux les plus jeunes que les Trente Glorieuses n’ont jamais cessé, que le plein emploi et le CDI ont toujours été la règle et que cela continuera encore 41 ans .

Qui, parmi les jeunes désœuvrés des quartiers, qui parmi ceux toujours stagiaires à trente ans, qui  dans les cohortes vieillissantes ayant enchaîné les CDD précaires, qui  peut croire que l’âge venu il aura les avantages qu’il assure aujourd’hui aux retraités d’aujourd’hui ? Même si beaucoup sont modestes , le Vieux vote et il possède.  

 

C’est l’abjecte hypocrisie française. Elle  mine sourdement notre démocratie.  Croyez-vous  que cette escroquerie morale ne soit pas comprise, au  moins implicitement,  intuitivement, par les plus jeunes, par les plus démunis, ceux qui dans les cités  brûlent  écoles, des équipements sportifs et culturels. Absurde ? Non. Ils savent que tout comme la retraite , ces équipements  incarnent les fausse promesses de la République. Ils savent d’expérience objective que rien de tout cela ne les concerne, que rien n’est pour eux, que la solidarité c’est le chômage, le RSA, le harcèlement administratif et policier ? Quand  s’étalent sur les écrans et dans la rue tous les jours le mensonge officiel (« Nutella ce sont d’abord des noisettes… » alors que plus de moitié est constitué de sucre), que sur les plateaux téléphoniques les télévendeurs savent qu’ils doivent pour réaliser leurs objectifs s’attaquer d’abord aux plus vulnérables, aux plus pauvres, aux plus crédules.  Quand l’on manage par le stress, qu’on dégraisse « par la porte ou par la fenêtre », quand pas un des grands scandales d’Etat n’a été de ma vie de quinquagénaire résolu et puni, quand plane encore l’inextinguible  bourdon du «  Non » du Peuple français au traité « constitutionnel européen » bafoué ensuite, par un coup d’Etat  délégués du Peuple eux-mêmes, quand pas un politicien n’a jamais connu le RSA ou le chômage sur quoi qu’ils prétendent légiférer, alors comment ne pas comprendre que la base même de notre organisation politique est cariée ?  Pourquoi croyez- vous que les jeunes de Tremblay ou de Trappes ne votent pas, qu’ils brûlent des écoles, des équipements sportifs, des bibliothèques ?

 

Solidarité entre les générations ?  Grâce à elle s’étalent sous nos yeux le beau spectacle de frais quinquagénaires,  jeunes retraités en pleine force de l’âge, qui l’un se lance avec frénésie, gourmandise et enthousiasme  dans le travail associatif, l’autre enchaine voyages et excursions, tandis que le troisième achète un camping car ! L’autre jour voyant passer sur les petites routes du beau pays que j’habite un troupeau de motos rutilantes , leurs pilotes les cheveux grisonnants au vent, je me dis : tiens, voici mes cotisations sociales qui passent. Quels beaux exemples de douces retraites. Mais il y a mieux, tel ce monsieur , jadis professeur dans un institut technique prestigieux, retraité à 55 ans, aujourd’hui âgé de 95 ans, généreusement stipendié par la princesse depuis  40 ans  ! Plus que d’années travaillées !  Cet homme – qui n’y peut mais – aura eu, en termes économiques, une contribution économique négative. Aux dépens de qui ? Mais des plus jeunes bien sûr. Mais chut : taisons ce lourd secret, afin que le senior continue à piller, en susurrant solidarité et la démocratie, la sève de notre pays.

 

Le combat contre la mort et la vieillesse sera toujours perdu d’avance :il n’y a pas d’élixir d’immortalité et nulle firme ne le produira jamais ! Le système devient pervers quand le sénile spolie le juvénile. Quand des rapaces industriels attirés par la manne détournent à leur profit des masses d’argent qui ailleurs auraient une bien meilleure utilité sociale ! Quand le mort dévore le vif, il faut changer le système !

 

 La solidarité sociale absorbe plus de la moitié des recettes du travailleur indépendant, de l’agriculteur, du commerçant, du salarié. L’entrepreneur individuel, au surplus est taxé en tant qu’entreprise. Cette taxe, dite taxe foncière des entreprises (TFE) a doublé, triplé, quadruplé dans certains cas. Les édiles n’ont apparemment pas compris quelles conséquences auraient la permission donnée par l’Etat de fixer, à l’intérieur d’une certaine fourchette le taux de la TFE. Du coup ils l’ont fixé au plus haut, sans mesurer les conséquences de leur vote. J’ai personnellement recueillis sur cette question le témoignage de plusieurs édiles : certains découvraient les excès dont ils étaient responsables, d’autres ignoraient même avoir voté de des charges écrasantes, insupportables. Tout cela n’est pas sans évoquer  ce chromo bien connu où le Tiers Etat décharné ploie à supporter sur son dos le Clergé et la grasse Noblesse.

Filet social dispendieux que je m’épuise à payer.

J’en perds la santé.

La santé me tue.

 

Sécurité sociale et productivisme

 

A quoi sert la sécurité sociale ?

La sécurité sociale panse le travailleur pour le renvoyer au boulot.

Sans les pansements de la sécurité sociale, les conditions absurdes du travail modernes seraient-elles acceptables ? Sans les psychotropes déversés par millions de pilules dans les encéphales, les dégâts moraux du management par le stress seraient-ils supportables ?  Management par le stress,  c’est à dire management par la souffrance au travail … Souffrance justifiée par la nécessaire compétitivité. Or qu’est-elle,  cette compétitivité, sinon la lutte sans fin entre des oligarchies d’affaires cupides, un peu comme à Gomorra les parrains se livrent des guerres acharnées pour l’hégémonie selon un simplissime principe « moral » : « pourquoi lui plutôt que moi ? ». On justifie la lutte en prétendant que la perte de compétitivité éroderaient le bien être et le rang de la Nation : le bien être justifie la souffrance !

 

Souffrir plus pour travailler plus pour produire plus pour échanger plus pour jouir plus tout en dégradant plus encore la planète, la biodiversité, les abeilles, les stocks de poisson, en dévastant les forêts, en perturbant à l’échelle de continents entiers  les chaînes alimentaires ; et toujours souffrir plus pour acquérir plus de biens, plus de bien être sur cet  absurde chemin de croissance compétitive que je ne parcours que grâce à la cane du filet social.

 

Le stress, la compétition exacerbée de tous contre tous, l’absence d’autonomie quant à sa propre vie, l’absence de sens aux  tâches dont on sait au plus profond qu’ elles sont nocives ou amorales, comment tout cela pourrait-il se supporter  sans la Sécu  ?

 

Si l’industrie du nucléaire, de la chimie, du tabac ou de l’amiante, si les industries minières, des transports, les industries du service,  devaient supporter l’ensemble des coût sociaux et environnementaux (autrement dit des coûts sociaux à moyen long et très long terme ), elles ne seraient pas rentables . Des représentants de la Sécurité Sociale siégeaient aux côtés des industriels de l’amiante dans des organismes communs.

 

L’emploi est le crédo commun à l’administrateur politique ou social d’une part, à l’industriel de l’autre. C’est le point de corruption, par où se socialisent les coûts tandis que le profits vont à la minorité. Crédo signifie croire au sens irrationnel.

 

La sécurité sociale est la soupape de sécurité d’un ordre productif  vicieux où la recherche du bien-être et de la santé justifient d’aliéner son bien être au travail. Mais elle est un outil  de moins en moins pertinent :  car elle est dépendante d’un appareil productif, commercial et financier que l’homme gène, et que les capitaux qu’il contrôle depuis des cercles de plus en plus restreints l’autorisent à remplacer par des machines. 

 

Sans le filet social, sans les TUC, RMI, RSA, ces masses privées d’œuvre, de salaire, de ressources se rebelleraient. Bâillonner la zone, épuiser, assommer ce flux de  10 % de pauvres , de plus en plus souvent pauvres par « héritage »,  de telle sorte qu’abrutis de misère rien d’autre n’ accapare leurs efforts que le souci de la subsistance quotidienne, surtout pas d’idées politiques. Oui ces 10 % de pauvres sont nécessaires au bon fonctionnement de l’écrémeuse à profits : voilà à quoi sert cette sécurité sociale là. 

 

Sans la sécurité sociale, l’industrie pharmaceutiques , les professions médicales, ne jouiraient pas de la demande solvable qui leur permettent de si considérables profits . Malignes, elles en usent à faire croire à coup de marketing, de congrès, d’experts, de taupes, de réseaux, de lobbying, qu’elles pratiquent la seule médecine possible.

 

Maintenir à tout prix, férocement, un système productiviste qui ruine l’homme et la planète, un système délétère, pervers, mortifère, voilà ce qu’est devenu le rêve d’Ambroise Croizat.

Sans la sécurité sociale, le capitalisme pourrait-il survivre ?

 

Depardieu est spolié

 

 « Depardieu est spolié » s’est insurgée une meute de politiciens des deux bords à propos des  fameux taux d’imposition à 75 % (taux marginal, rappelons le, ne concernant que la tranche de revenus en excès du million d’Euros, des sorte que l’imposition d’un tel contribuable ne s’élève pas à 75 %).

 

75 % , c’est une spoliation  ont gravement approuvés  les « Sages » non-élus du Conseil constitutionnel,

estimant que le niveau d’imposition envisagé brise l’égalité des citoyens devant l’impôt. En réalité, les conseillers constitutionnels ne  considèrent l’égalité des citoyens que sous l’angle de l’impôt direct.

 

Le conseil constitutionnel ayant considéré que le taux marginal de 75 % est fiscalement spoliatoire, M. Depardieu ayant indiqué qu’il ne demandait pas le remboursent de ces feuilles de soin, il est bon de rapprocher l’ensemble des taux, taxes, taxes locales, contrôles technique, assurances obligatoires, charges, prélèvements, contributions volontaires obligatoires – le financement de la protection sociale - , charges incompressibles (loyers, abonnements eau, électricité, internet, téléphone), et de comparer l’impact de tous ces coûts et charges en fonction des tranches  de revenus.

 

Pourquoi tout amalgamer ? Parce que si dans certains milieux, on peut faire la fine bouche, considérer qu’un Euro d’impôt direct, un Euro de TVA, un Euro de revenu  ou un Euro de contributions sociale ne sont pas du tout la même chose, dans le bas de l’échelle, il n’y a plus  qu’une règle, celle de la trésorerie, celle des bouts de ficelle à tirer pour arriver à la fin du mois. Un Euro « contribué » ou un Euro taxé, c’est un Euro qui manque dès que la pression globale des charges agglomérées excède la limite au delà de laquelle la personne elle-même, sa famille, sont menacées.

Il est probable que même après « spoliation » à 75 % sur la tranche excédent le million, M. Depardieu eût encore conservé de confortables disponibilités.

 

Mais pour notre part, nous ne parlons pas de cette privation de caviar qui a ému les « Sages » du conseil constitutionnelle, pas plus que de brioche : non, nous parlons de pain, nous parlons de l’incompressible vital.

 

Du point de vue fiscal, la tranche marginale à 75 % n’a aucun impact sur ceux qui ne paient pas d’impôt direct. De toute la masse contrainte des dépenses courantes, l’impôt direct ne représente presque rien pour le pauvre qui en est exonéré. Son taux d’imposition n’est toutefois pas nul mais égal à la TVA qu’il paie sur ses achats ( entre 5.5 % et 19,6 %). Etant pauvre, il est probable qu’il économise fort peu d’argent, si bien que ce taux  oscillant entre 5.5 et 19.6 % est assis sur  la quasi totalité de son revenu. Ce revenu est lui-même amputé d’autres taxes (sur les carburants par exemple), mais surtout par les contributions sociales, de telle sorte que le revenu disponible finit par ne plus suffire aux dépenses de base. Un point d’équilibre est franchi quand le travail profite plus à des créanciers obligatoires (Etat, organismes sociaux, assurances obligatoires, abonnements indispensables, taxes locales, etc.) qu’au travailleur lui-même et que la part qui lui est laissée ne soutient plus sa vie ni ne justifie plus ses efforts.

 

On annonce que les prélèvements obligatoires s’établiront aux alentours de 56 % en 2014. Un travailleur indépendant gagnant le Smic et consommant l’intégralité de son revenu en nourriture  abandonnera donc quelque 66 % de son revenu sans compter d’autres dépenses contraintes, tels que loyer, assurances, abonnements. M. Depardieu, même après « spoliation à 75 % » s’en serait tiré de façon brillante.

 

Ainsi même non-imposable, le travailleur pauvre n’en est pas moins contribuable pour quelque 70 % de son revenu, non comptées d’autres charges impératives comme le loyer, électricité,  eau, assainissement, etc.

 

MM les Sages du Conseil constitutionnel ont tortillé des lèvres et estimé que la tranche marginale à 75 % était spoliatrice. Pas un ne s’est rendu compte  que la spoliation EST devenue le régime des indépendants, artisans, commerçants, salariés !  On a ainsi vu un commerçant contraint d’emprunter  à la banque pour payer sa taxe foncière des entreprises. Agrandi à l’échelle macroéconomique, un tel schéma par quoi l’impôt est payé par l’emprunt est une

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 12:39

Compte rendu du congrès fondateur du NPA Rhône Alpes tenu à Lyon le 17/01/2009

Quelles relations entre Ecologie radicale et le NPA/LCR ?

 

 

1 - Congrès fondateur du NPA du Rhône

2 - Le travail

3 - Quelle utopie ?

4 - Impact politique du fonctionnement du NPA

5 – Ecologie

6 - Démographie de la LCR/NPA

7 - Forces et faiblesses relatives des OC versus NPA/LCR

8 - Quels rapports entre écologie radicale et NPA/LCR ?

 

 

 

1 - Congrès fondateur du NPA du Rhône

 

Le congrès fondateur du NPA du Rhône s’est tenu à Vénissieux ce samedi 17 janvier 2009. J’y étais. Ont été discutés quelque 80 amendements aux principes fondateurs, statuts, déclaration politique, proposition de nom – le NPA restant la dénomination préférée -  désignation des délégués aux congrès fondateur du NPA à Paris, prise de candidature au conseil politique national qui sera élu lors de ce même congrès fondateur. La règle adoptée à Lyon fut un délégué pour dix présents, ce qui a conduit à l’élection de onze délégués à parité des genres. Outre quatre délégués proposés pour leur implication, un délégué représentant la jeunesse, les autres ont été désignés par leurs collectifs, sur une base géographique, encore qu’il existe aussi un collectif « chimie ».

.

La question de la représentativité des sensibilités politiques, que j’ai soulevée, a occasionné un vif débat, parfois tendu. Benoit, alternatif, Esteban (OC), Elsa (Audaces) sans concertation préalable se sont ralliés à la position de la nécessité d’une représentation de la sensibilité alter et OC soit représentée. Nous arguâmes que l’écho de nos idées était plus large et transversal que notre audience apparente, notamment à considérer les amendements provenant de la colline qui travaille (Croix Rousse). Notre faiblesse, plaidâmes-nous, résultait de notre tradition d’organisation différente, tradition au surplus fort peu profonde. Il fallait protéger la pousse plutôt que le tronc.

 

Appartenant au surplus à divers collectifs, notre proposition était de tirer l’un de nous au sort pour représenter la sensibilité au congrès fondateur du NPA à Paris. En contrepartie de quoi, il fallait qu’un des membres de la LCR se désiste. Les camarades ont semble-t-il également oublié (argument qui ne fut pas mentionné) que la liste Audaces ayant recueilli le plus de voix lors des dernières élections municipales fut celle menée par une décroissante ( Sophie Divry).

 

On rétorqua que nos idées étaient déjà présentes au sein de l’AG et qu’il n’était donc pas nécessaire qu’elles bénéficiassent (j’adore les plus que parfait du subjonctif, pas très prolo, mais j’ai eu des cals sur les mains à manier la pelle, donc je m’en fous) . Il est vrai que les manifestations de soutien ou de sympathie ne manquèrent pas. Pour autant des distinctions telles qu’altermondialisme/altermondisme, des termes comme effet rebond, distributisme, démocratie directe sont soit inconnus soit très mal compris.

 

« Nous sommes tous antiproductivistes », intervint un camarade,  insinuant ainsi qu’il n’y avait pas de nécessité d’une représentation spécifique des Alter-OC. Mais le contexte de son intervention indiquait clairement le sens pour lui d’antiproductiviste, savoir : « ralentir les cadences ».

 

Bref, le presbyte ne voit pas l’évidence au bout de son nez et on ne démordit pas en face de nier notre spécificité. Notre demande fut repoussée par l’assemblée, par environ les trois cinquièmes des voies.

 

La question de la représentativité des tendances se compliquait de l’existence de la Fraction Etincelle, dissidente de LO si je comprends bien – bien rouge propre sur elle -  qui compterait douze ou quinze camarades. On parla de bourrage de candidature quand il était clair qu’on avait en face affaire à du classique entrisme.

 

Le hasard faisant bien les choses, il s’est trouvé que les désignés (comment l’ont-ils été ?) sont pour moitié membres de la LCR. Plus étrange encore, ils sont mâles, les nouveaux entrants étant des femmes. Révélateur ? Je me demande si au fond notre proposition n’a pas heurté une occulte consigne infrangible antérieurement adoptée au sein de la LCR. Les réunions LCR n’ont en effet pas cessé. 

 

 

2 - Le travail

 

Une discussion au sein du collectif 7/8 que j’avais soulevée sur le travail avait suscité une motion collective pour la suppression d’une définition faisant de la personne un travailleur. La motion a été repoussée par environ 40 contre, 30 pour et une quarantaine d’abstention.

 

Nous plaidâmes que le travail est aliénation : on nous répondit que le travail est production, c’est à dire, pouvoir d’achat, émancipation.  Emancipation du souci matériel que le socialisme scientifique est sensé faire advenir

Certes le travail est le signe de l’aliénation. Mais dès lors qu’il est aliéne, le travailleur ne constitue-t-il la classe politique la plus apte à construire le rapport politique nécessaire à l’abolition de son aliénation.

 

Pourtant, dès lors que serait abolie l’aliénation, on ne serait plus travailleur ?

La question n’est pas vraiment élucidée.

Il semble qu’on passerait d’un travail au service du capital à un travail au service du collectif, socialisé, avec des services publics importants, des entreprises importantes et de l’emploi. Un peu comme aujourd’hui, sauf pour l’emploi. Mais on resterait des travailleurs.

Il faut noter un certain dolorisme militant au sein de la LCR ou LCR-compatible au sein du NPA.

Tripalium, dolorisme ; on ne s’en sort pas. Le travail comme souffrance nécessaire et comme rédemption.

 

Des mots comme ouvrier, classe ouvrière travail ont également fait débat dans l’assemblée

Le travail notamment est certainement ce à quoi les jeunes camarades entrant au NPA sont les moins prêts à s’identifier.

Malaise : défendre avec une telle âpreté la valeur travail fait furieusement penser à l’insistance sarkozyste. Le travail demeurerait comme raison fondamentale de la vie. Seule sa couleur changerait. Comme Orwell nous y invite,  on nommerait l’aliénation « émancipation ».

Plusieurs interventions soulignent qu’à insister sur les mots travail et salariés, on exclut les chômeurs, érémistes, déclassés, errants, SDF, marginaux, etc…

 A noter qu’un amendement contenant les mots « spirituel », « esprit » a été rejeté.

 

3 - Quelle utopie ?

 La révolution tient une large place dans langage NPA/LCR ? Mais il semble qu’il y ait peu de travail de construction théorique. Ainsi qu’arrive-t-il après la révolution ?

Il semble qu’on se pose peu ce genre de question à lire les textes et entendre les paroles.

Peut-être sautera-t-on directement dans le communisme ? Ce qu’il adviendrait après la révolution n’est pas clair. On ne parle pas des institutions à construire, d’un nouveau mode de représentation. On ne remet pas en question le scrutin. La question du tirage au sort n’est pas évoquée.

La démocratie directe est très mal comprise. On croit qu’elle se limite  à celle que nous croyons pratiquer face à face dans nos échanges. On ne s’interroge pas sur l’articulation à donner entre démocratie directe et démocratie déléguée (dite représentative). L’auto-gestion est rarement mentionnée (à l’exception de la fraction Etincelle qui mentionne ….mais oublie l’entreprise).

 Mais la  révolution, mal préparée, dans les esprits, théoriquement et politiquement,  résoudra-t-elle quoi que ce soit ? N’est-ce pas plutôt le basculement qu’il faut préparer, comme une balance pivote sur son axe sous une force suffisante. Faute de quoi on est condamné à répéter les mêmes erreurs.

 En bref, y a t-il une utopie originale, autre que celle, imparfaite et datée, théorisée voilà presqu’un siècle et demi ?

 

4 - Impact politique du fonctionnement du NPA

 

Les réunions du conseil politique se tiennent toujours à Paris. Ce n’est pas sans signification, sans biais.  Paris : pour un parti qui veut abattre l’état, ça sonne étrange.

Beaucoup d’adhérents viennent de rejoindre le NPA. Ils sont jeunes et sans beaucoup d’expérience politique. Les camarades de la LCR sont plus âgés et très expérimentés.

 Le type de désignation, essentiellement géographique (par quartier) n’est pas sans répercussion importantes. En réalité, il est un excellent moyen décentralisant de centraliser avec force. Aucun collectif en effet ne saurait lutter contre le centre. Où est ce centre. Le fait que les comité politique national par tradition LCR s’est toujours tenu à Paris indique clairement le lieu de ce pouvoir.

 J’ai présidé la séance matinale, et je restais au bureau durant l’après-midi, qui malheureusement s’avéra décisive. J’étais donc en bonne place pour noter ces mille riens – omission, tours de parole raccourcis, surdité opportune, qui font qu’une présidence habile et ferme biaise la parole dans le bon sens.

 Le bon sens : voilà le problème. D’évidence la présidente à ma gauche savait quel était le sens  de la lutte et combien il est légitime de défendre la ligne juste, même contre des voix discordantes. Tout le problème, ici, comme en démocratie, comme pour Sarko, est que la justesse de la ligne provient de la seule conviction personnelle, fût-elle encensée par la tradition ou la force collective. C’est bien là que gît le problème ; la tradition de la LCR, l’expérience de ses militants et la poigne de ses cadres, une cohésion ancienne, qui n’aperçoit qu’elle sent le rance.  

Il faut également noter parmi les jeunes recrues en pointe (désignée) une tendance identique à malmener la démocratie pourvu que la pureté soit plus pure.

 

5 - Ecologie

 L’écologie. Des propositions viennoises sur l’écologie clairement anti-nucléaires, anti-OGM ont été adoptées. Elles mentionnent la relocalisation de l’économie. Toutefois des termes comme empreinte écologique, effet rebond, distributisme ne sont pas mentionnés. 

 A voir l’insistance mise sur les mots travail, salarié, comment n’est pas comprise l’articulation entre aliénation de la personne et pillage de l’environnement, comment à leur racine commune se tient très profondément enfoui le prométhéisme rationaliste, il est à craindre que cette écologie ne soit guère différente du capitalisme vert. Vert sur fond brun, ou vert sur fond rouge : seule la couleur de fond changerait,.

 

6 - Démographie de la LCR/NPA

 

Premier constat : la LCR et le NPA regroupent avant tout des salariés (bien que les étudiants ne soient pas rares parmi les nouveaux entrants). C’est donc et avant tout un parti de classe, mais on pourrait tout autant dire quasi corporatiste. Effectivement sans travail et sans salariat, sans les entreprises qui les emploient et l’économie impliquant le travail, la LCR/NPA n’ont plus de raison d’être. Entre la sociale démocratie et la sociale démocratie, la voie future sera étroite, sauf à ne s’impliquer dans aucune alliance gouvernementale où la contradiction pourrait éclater.

 Face à la masse salariée, force est de reconnaître que les précaires, chômeurs, érémistes, marginaux, exclus, minorités visibles sont peu nombreux.

 Autre constat massif est la jeunesse des entrants et l’âge des militants de la LCR. La seconde est la relative inexpérience politique des premiers, la maturité et l’expérience politique des seconds.

Les jeunes camarades sont confiants et enthousiastes. La plupart n’ont pas d’autres affiliations que la rencontre lors de luttes.

Beaucoup n’ont pas l’expérience des assemblées, sont peu familiers des processus de parti. Pourtant ils entrent directement dans un parti, qui plus dont la tradition partidaire est forte. L’âpreté des luttes leur est encore inconnue. Ils ignorent tous les pièges et les manipulations. Même les styles sont différents.

 Il est certain que le NPA n’existerait pas sans l’effort et l’expérience des militants de la LCR. Mais dans la même mesure, ils transfèrent des catégories et des cadres politique vieillis.

 J’ai moi-même été membre d’une fraction marxiste léniniste. J’y suis entré car c’était là le seul vecteur d’action politique présent dans ma petite ville (qui est aussi celle de Cabu). Avec le recul, je crois avoir été moralement escroqué. Si l’expérience personnelle a une quelconque valeur, je crains que le scénario ne se reproduise à plus grande échelle avec la dyade LCR/NPA. Il semble qu’il existe un fossé entre les aspirations, les sensibilités, les représentations de la jeune garde et les esprits plus âgés et nécessairement plus rigides des militants de la LCR. La fusion sera délicate à réussir et il est à craindre que les lendemains qui chantent auront pour nombre des plus jeunes le goût amer des larmes.

Le risque, finalement, est que le mort dévore le vif.

 

7 - Forces et faiblesses relatives des OC versus NPA/LCR

 

Le NPA est certes le plus construit, le plus structuré (il faut reconnaître ce talent à la LCR et à la capacité d’engagement de ses militants) des partis à la gauche de la gauche, mais s’adressant quasi exclusivement à des salariés, sa composition démographique reste une faiblesse politique.

 Par contre le NPA/LCR dispose d’un ancrage social que n’ont pas les OC. Ils jouissent d’une compréhension, d’une audience et de relais au sein des salariés dont nous sommes cruellement dépourvus.

 Par contre, concernant le NPA/LCR, l’utopie, le projet politique global n’est pas au rendez-vous. Il est quasi absent, sinon en filigrane au sein des principes directeurs, qui ne sont que des généralités, rien de construit qui servirait à nourrir par exemple une constituante.

 Pour reprendre une distinction proposée en Avignon , celle du court terme, moyen terme, long terme/utopie, je dirai que l’écologie radicale est faible sur les deux premiers termes, forte sur le dernier et qu’il en est à l’inverse pour le  NPA/LCR. Par bien des côtés, nous sommes bien plus radicaux que le NPA/LCR.

 

8 - Quels rapports entre écologie radicale et NPA/LCR ?

 

Les éléments ci-dessus fournissent des éléments d’appréciation de nos forces et faiblesses relatives. Y a t- il un intérêt à entrer au NPA ? S’il ne s’agissait que d’audience, du poids relatifs des sensibilités, de travail de conviction et d’explication, on pourrait défendre l’option.

 Malheureusement, le spectre des vieilles pratiques plane. Nombre de jeunes militants sont totalement naïfs sur ce point.

Il faut pourtant poser les bonnes questions : l’argent, les financements (ceux de la LCR ont aussi leur part d’ombre) les locaux (Lyon n’en est pas dépourvu), les associations satellites, l’imprimerie de Montreuil, tout cela construit au long de décennies de luttes.Qui y renoncerait facilement sans être sûr que cela tombe entre de bonnes mains ?

 De bonnes mains, ce pourrait-être un comité politique national à parité LCR/NPA, comme il advint à Lyon. On pourrait souscrire à une telle parité. Sauf que le refus de voir apparaître à Lyon une sensibilité Alter-OC ne plaide pas dans un sens favorable. D’autant que les entrants au sein du l’assemblée constituante semblent passer à travers le crible invisible, intangible, mais bien réel, qui trie LCR compatibles et LCR incompatibles, la compatibilité faisant de vous un « désigné ».

 Il est donc à craindre que le NPA ne soit au mieux qu’une vaste opération de recrutement qui n’empêchera nullement, à plus ou moins long terme le tarissement idéologique.

 Si donc cette assemblée constitutive du Rhône fournissait pour l’écologie radicale une seule leçon, ce serait celle de la nécessité de se coordonner au moins. Quant à une participation au sein du NPA, à l’heure où j’écris, je n’y vois guère qu’un lieu propice à la démonstration, à l’explication de nos idées. Arène pour un travail de conviction et accessoirement de gain d’expérience politique et d’ouverture de nos problématiques (le court terme et le moyen terme)

Il faut en effet insister sur le fait que les idées et le vocabulaire des OC et de l’écologie radicale sont le plus généralement INCONNUES, bien que résonnant positivement. Beaucoup, dont l’esprit est mûr, entendent le mot  décroissance pour la première fois.

 Des alliances conjoncturelles ne sont pas à exclure, mais en ayant en tête les forces et les limites du NPA/LCR.

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 12:36

Bien qu’Aristote note dans sa Politique que la richesse poussée trop loin est socialement nuisible, faire de lui l'un des père de la démocratie n’est pas une proposition tenable.

Aristote se prononce pour un régime aristocratique - étymologiquement  le gouvernement des meilleurs, c'est à dire des plus capables, des plus talentueux.

Là où la proposition d'Aristote est fondamentalement viciée est qu'il n'indique nullement comment on décèle les meilleurs dans une société et selon quelles modalités on les amène au pouvoir. Nietzche, porté lui aussi au gouvernement des meilleurs - pour le philosophe allemand, le plus fort, le plus agressif, le plus violent, le Surhomme - commet la même erreur fondamentale.

L'Histoire a montré qu'en pratique ce type de philosophie politique amène rapidement au mieux à l'oligarchie, au pire à la tyrannie.

Contrairement à la doxa partout répétée, la Grèce n'est nullement la mère  de la démocratie: elle n'est que celle de la démocratie représentative et le fossoyeur de la démocratie directe qui anima la longue période de l'oralité. Parce que, dirait la Palisse,  l'oralité ne laisse pas de trace écrite, parce que  l'ère du Livre, de la Bible, de la lettre a toujours eu le plus grand mépris pour la sauvagerie illettrée (ce dont se fait l’écho le mythe d’Abel et de Caïn, du pasteur et de l’agriculteur), deux mille cinq ans de préjugés ont accrédité l'idée qu'il n'y avait avant la Grèce, avant l'écriture, qui n'apparaît pas en Grèce, mais déroule là pour la première fois en pleine maturité l'ensemble de ses conséquences , pas de philosophie politique et même pas de politique du tout, au mieux de vagues structure pré-politiques embryonnaires, brutales et tout encore empreintes de "nature": la harde, la horde, au mieux la tribu (voyez Freud et le mythe du meurtre du père).

L'idée que la Grèce est la mère de la démocratie, bien que fausse, est cependant tenace. Car en tant qu'ils se prononcent pour un système aristocratique, on peut tout aussi bien dire qu'Aristote, comme Platon, sont les pères de la tyrannie. Leurs origines, leurs position sociales, leur œuvre entière plaident en ce sens. La Physique d’Aristote, tout particulièrement,  sur les prémices de laquelle la science moderne est tout entière construite vise à asséner l'idée qu'il existe des lois de nature infrangibles. Si donc il existe de telles lois naturelles, elles doivent d’une manière ou l’autre se projeter  dans l'ordre humain et politique.

Acceptons le au rebours de la doxa classique, grecque, romaine et biblique : la Grèce des quatrième et troisième siècles marque  la fin de la démocratie de l'arbre à palabre, la fin de la démocratie des assemblées tribales, bref la fin de la démocratie directe ; elle inaugure la démocratie représentative.

Celle-ci, après deux mille cinq cents années d'usage est usée. Elle a dégénérée - en oligarchie médiocratique, i.e. le gouvernement des médiocres, des tarés, des héritiers, tant et si bien que cette prétendue démocratie moribonde concentre désormais le pouvoir entre les mains des plus pernicieux et collectivement délétères des humains. Les symptômes  de cette dégénérescence sont présents d'emblée dans la conception aristocratique du Stagyrite -

Tout comme la Grèce classique se situe à la charnière de l'Oralité et de l'Histoire, notre époque est elle aussi charnière. Période de crise où il s'agit de construire une nouvelle physique, une nouvelle économie, une nouvelle politique.

Nous laisserons à d’autres textes le soin d’éclaircir en quoi physique et économie sont des projections métaphysiques au sein de la praxis (1). 

En terme de politique l'enjeu est celui-ci: comment articuler démocratie directe et démocratie représentative ? A ce point, il faut citer Etienne Chouard, dont les travaux sont à le plus en pointe sur ces questions.

Quant à l'idée de démocratie participative, légère, ténue, insignifiante comme une petite phrase de politicien, un coup de plumeau, un simple vent suffisent à la balayer. "Kratein" en grec signifie gérer, régner, non pas assister en simple participant à voix consultative. En démocratie, le peuple, les gens, la Nation assènent leur volonté. Ils ne disent pas comme les enfants: "On dirait qu'on aurait le pouvoir, mais c'est pour de la fausse".  La  prétendue « démocratie participative » témoigne seulement des efforts désespérés d’une oligarchie pourrissante pressentant sa fin proche. Ils ressemblent furieusement à ceux déployés par les anciens monarques français prétendant dévoluer une constitution quand sous leurs fenêtres les pics du Peuple s’agitaient, que le hachoir de Guillotin s’affutait, clairs signes du lieu où repose la souveraineté réelle. 

 (1) Notons simplement à titre d’indice l’étrange proximité entre ces deux termes : la physique, qui analyserait un univers extérieur pour en dégager des Lois, et le physique, qui désigne le corps.

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 23:07

L’idée de revenu minimum est généreuse mais la main qui donne commande. D’où deux questions.

 On peut prétendre qu’on ne donne rien en échange. On ne nous donnerait simplement ce que l’on nous doit, pour le fait d’être héritier des hommes.

 Le seigneur rassemblait dans l’enceinte de sa forteresse ses troupeaux pour les protéger, et parmi eux les hommes. Le patricien romain distribuait l’obole quotidienne à ses clients, paysans appauvris qu’il avait ruinés en les remplaçant par les esclaves fournis par les conquêtes.

 La charité sert d’exutoire. Mais il y a mieux que la charité. Les pauvres sont des marchés. On peut encore leur soutirer de la valeur, de la peine, de l’autonomie par la promesse du minimum.

 Si je suis faible, malade, vieux, dépourvu, que j’ai épuisé les forces de me soutenir seul, certainement, j’ai droit au soutien. La solidarité est cette force que montre nombre de mammifères supérieurs à se soutenir ou se défendre les uns les autres. Elle peut être administrée, monétarisée, ou au contraire directe, communautaire, gratuite.

 Dans la monnaie se jouent l’ensemble des forces qui affectent le système économique et financier global. De sorte que la monétarisation fait peser sur la solidarité des forces économiques très lointaines, géographiquement ou par nature.

 D’où viennent-ils ?

 D’autres classes d’âge ?

 L’âge plutôt que l’incapacité à se soutenir fait le partage des eaux de la solidarité.

D’autres continents ? Les surplus de la solidarité proviennent aussi de l’exploitation colonialiste du monde, jadis négrière ou bananière, désormais pétrolière et industrielle. En en acceptant l’héritage, je m’en ferais le complice ?

Dans un tel système, le revenu de vie ne peut exister que par ce qu’en peut mesurer la monnaie. Or les pauvres ne décident pas de la monnaie.

 On ne peut se faire débaptiser. Aura-t-on le droit de refuser des dividendes de vie aux sources douteuses et aux intentions trompeuses ?

 Pour nombre de peuples primaux, la terre et ses fruits ne pouvaient être vendus. L’on était l’un de ses fruits.

 Mon droit ne doit aliéner celui d’autrui. Si j’ai plus qu’il faut à mon confort, j’ai des devoirs envers ceux que mon excès de jouissance privent de leur part d’air, d’eau, de terre, de confort, de subsistance. Si je possède un droit et n’en jouit pas, mon droit devient caduque. Lois foncières, aliénation de la propriété à sa jouissance, lois sur les transmissions, fiscalité promouvant la gratuité des usages et la taxation des mésusages, incitations à la coopération et à la codécison dans le travail, l’habitat, la justice et même la défense, bien des pistes existent pour bâtir une solidarité inscrite dans la chair même du lien social, autonome et non pas servant une norme extérieure.

 C’est une envie libre, mélange social d’amour, d’empathie et de besoin.

Plus le lien social est fort, plus forte est la solidarité. Plus fort le lien entre les gens. Le contrôle politique vise à utiliser à son profit la force de ce lien. La Providence est l’opium du peuple.

 On peut peiner à conceptualiser l’articulation entre démocratie représentative et démocratie directe, mais c’est un faux débat. Les clés sont plus à rechercher vers le tirage au sort, ou la mixité du tirage au sort et de la représentativité élective. Le tirage au sort est volontaire et peut être probatif. Le tiré est approuvé par le Conseil après X mois comme auditeur et devient électeur. Le système vise la continuité politique et représentative. Il faut que le statut électif soit attirant pour les classes les plus nombreuses, c’est à dire les plus faibles économiquement. Les mandats électifs étant limités en durée, il faut qu’une secrétaire, ou un ouvrier spécialisé, tiré au sort et volontaire, puisse s’engager avec une certaine sécurité dans un tel mandat. L’élu ou le tiré au sort doivent voir leurs intérêts protégés, pendant de longues années si leurs moyens sont faibles, afin que nul ne soit détourné de la possibilité de s’exprimer sur la base de la fortune.

 A t-on peur du lien direct ?

 On fournit aux gens la jouissance d’un revenu de vie. On leur donne la sécurité et l’irresponsabilité : dormez tranquilles, vous êtes dirigés. Voilà l’échange : l’irresponsabilité contre l’autonomie politique.

 L’idée de revenu de vie devrait être examinée plus à fond, rendue moins brute, mieux polie. Elle est un peu populiste, cherchant à plaire en dépit des implications. Les idées doivent être soigneusement débattues, analysées et envisagées, même dans certains de leurs développements dérangeants. Sinon cela pourrait gâcher toute la générosité.

 

21 juillet 2007.

 

Pour une discussion des conjectures du présent article, on peut se reporter à http://www.decroissance.info/article.php3?id_article=792

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 10:56

D’habitude la troupe s’entraîne en espadrille de toile et survêtement bleu. Aujourd’hui, les soldats ont revêtu le treillis kaki et le casque lourd. Aujourd’hui est un jour spécial, le second anniversaire des évènements. On a établi sur un trépied une mitrailleuse, à l’abri d’un demi-cercle de sacs de sable. Sur cette scène plane l’ombre frigide d’une tour massive en forme de crayon oblong coiffé d’un laid pyramidion aplati en bec de canard. L’objectif, à en croire la pointe des baïonnettes, est l’appentis à vélo. L’espace est trop restreint pour les évolutions des troufions. Il contraint les employés, retour de la cantine, leur bol de fer émaillé à la main, à slalomer entre les corps rampant sur le pavé froid.

La scène est incongrue, et les soldats, gênés, la plupart très jeunes, en perçoivent le ridicule. Deux ans auparavant, leurs balles n’avaient rien de ridicule, tout de mortel. Elles déchiquetaient de vrais ventres. Elles pulvérisaient de vraies cervelles. Ils pilotaient de vrais chars. Ils réduisaient les corps en un magma sanguinolent, immonde, confus : boyaux, membres, canettes de cola, relief de repas, toiles de tente, purée d’horreur bientôt raclée par la lame des niveleurs. Aujourd’hui, en ce jour anniversaire, on intimide.

L’Agence forme un vaste quadrilatère limité par de hauts et anciens murs coiffés de tuiles vernissées, sauf au sud, où un grillage laisse voir l’imposante tour jaillir de son esplanade comme un missile d’Albion. L’Agence est un quartier en soi, ceint sur tous les côtés. Il comporte toutes les commodités nécessaires à la vie d’une petite bourgade.

Deux cantines collectives assurent plusieurs services, midi et soir, contre quelques menues pièces complétées d’un ticket de rationnement, qui de rationnement n’a plus que le nom mais reste attaché à la paye. Quelques années auparavant, l’Agence possédait même sa propre ferme, au nord de la capitale. Les temps étaient troublés. L’autosuffisance constituait la seule assurance d’assurer la gamelle des employés. Aujourd’hui, sous le pyramidion de la tour, oeuvre un chef entoqué. C’est là qu’on régale les hôtes de marque, dans de petits salons aux chaises d’ébène, toutes sculptées de dragons, poussées sous les fesses par des serveuses juvéniles en veste orange et chemisier blanc et ricanant sans gêne.

Au nord du périmètre clos s’alignent, bas et longs, les mornes immeubles des employés. De leurs toits poussiéreux encombrés de matériaux entassés là faute de place, la vue porte à perte d’horizon sur la grisaille des HLM populaires. Au sud-est bavent les fumées jaunes et noires, grises ou blanches de l’aciérie de la capitale, la Shougang. De là provient, assourdi, l’écho de monstrueuses cataractes de chaux et de charbon roulant dans le ventre sonore des hauts fourneaux d’acier. Parfois, le crissement d’une draisine torture la nuit, roues déchirant le rail, fer contre fer. Quelque trappe colossale soudain rote d’énormes rouleaux de fumées, souffre, phosphore, rousses, anthracite ou neige. Un soleil sombre, froid, blafard et rouge s’arrête sur l’ourlet d’ombre des collines de l’Ouest, jetant sur ce chaos toxique le poignant du tragique.

L’Agence compte en ses murs un jardin d’enfants et une école primaire. On voit les marmots jouer sur leurs petits tanks de fer. Dans leur main, un livre d’images cartonné : lapins en uniforme, mitraillettes colorées ou grenades quadrillées comme des tablettes de chocolat. Tels sont les premiers pas d’une vie bien encadrée. L’enceinte abrite encore un coiffeur, quelques échoppes proposant savon, shampoing, lessive, allumettes, jouets, balayettes, nouilles et boîtes de conserve, chaussettes, slips et bas. On trouve même une agence bancaire, la propre banque de l’agence, qui recycle les salaires et fait fructifier les retraites. L’Agence est bon employeur. La paie est modeste, mais les avantages nombreux. Le bol de riz est en fer. On n’est pas riche personnellement : on l’est collectivement. La pyramide est solide, puissante et large, chapeautée par une stricte hiérarchie. La sécurité se paie de la fidélité et de la soumission. Contre l’obéissance, on a le confort, comme dans n’importe quelle multinationale. Assurément, les employés de l’Agence sont des privilégiés, à la mesure de leur importance dans le dispositif. Le régime les choit. Mais il les craint. Outre l’éducation des enfants, le remplissage des ventres, l’abri, la santé, les retraites, l’Agence s’occupe aussi des loisirs. Elle héberge en ses murs un cinéma, deux discothèques dotées de leurs salons de karaoke.

en portaient la mention. Le système plaçait l’intelligentsia à la plus basse place, les classant officiellement comme« intellectuels puants ». La défiance reste de mise. Voilà pourquoi la troupe s’entraîne au pied de la tour. Voilà pourquoi elle tient ses casernements dans ce qui était autrefois l’éléphanterie impériale, derrière de forts murs de briques rouges, troués de hautes et lourdes arches de plein cintre, dans l’enceinte même de l’Agence. Elle est ainsi à pied d’œuvre pour défendre la Chine contre ces ennemis, intérieurs comme extérieurs.

Depuis quatre ou cinq générations, depuis l’ouverture au forceps, à la canonnière, des ports chinois, le pays n’a connu que guerres et troubles politiques, dépècement et humiliation. Pour la Chine, le libre marché prit d’abord la saveur de l’opium, dont la Grande Bretagne imposa la consommation. Au début du XIXème siècle, estime-t-on, un mâle sur trois était intoxiqué. Doublement saignée par des élites décadentes et les appétits colonialistes, la Chine fermente de révoltes populaires, de guerres civiles, d’invasions étrangères – révolte des Boxers, seigneurs de la guerre, guerres sino-russe, sino-nippone, sino-française, révolution culturelle, aventurisme du Grand bond en avant, Cents Fleurs, déportations massives, mouvement de retour à la campagne. De ce tableau désolant de chaos jaillit la Chine moderne. Les blessures ne sont pas refermées, même si l’on fait semblant. La grande histoire est faite de chair et d’os, de souvenirs, de rancunes et de remords. On les croit personnelles : elles sont familiales, collectives, historiques, culturelles, scellées sans mot au fond des attitudes. Récentes ou anciennes, vives ou sourdes, transmises de génération en génération, et bien que clandestines et latentes, déterminantes. Voilà pourquoi l’histoire bégaie.

« Nous sommes las des révolutions », me confie un jour Yang, mon voisin de bureau, solide quinquagénaire placide, mâchoire franche et tempes grisonnantes. Yang sait de quoi il parle. Durant la révolution culturelle, alors adolescent, Yang était garde-rouge. Ici même, dans ce bureau sans cloison, dans ce bureau sans partition où chacun s’affaire sous le regard de l’autre, travaille la fille de ceux dont il a pillé la maison. Ses pères et mères, il les a traînés dans la rue affublés d’un bonnet d’âne. Dans cette vaste salle, la victime et le bourreau sont collègues. Oui, les Chinois aspiraient alors à la paix avant la liberté. L’atmosphère reste lourde, vivaces les sources de la douleur qui suinte entre les murs. Douleur, meilleur humus de l’aigreur, de l’envie, de la vengeance, meilleure mère d’autres douleurs. Sous le couvercle de plomb, ne jamais tarir le puits de la douleur !

Une dénonciation est parvenue au bureau du personnel. Xiao Li, une jeune consoeur d’une trentaine d’année, aurait été aperçue donnant, un soir au sortir d’un restaurant, un baiser à un ingénieur bulgare. Interdiction de fraterniser avec des étrangers, fussent-ils de nations sœurs. Pour Xiao Li, cette dénonciation marque la fin de tout espoir d’être jamais nommée à l’étranger, en France, à Paris. La langue française, à laquelle elle a consacré tant de longues années d’apprentissage. La France dont elle connaît et cite les auteurs, elle ne visitera jamais. Certains jeunes gens n’entraient à Chine Nouvelle que dans ce seul espoir : partir, visiter le monde. Où se cachait le délateur ? A Paris, à Québec, dans une capitale francophone d’Afrique ? Peut-être ici même dans cette grande salle sans cloisons. Peut-être dans les étages où son forfait l’aura promu ? Peut-être Xiao Li, jeune femme  fraîche et jolie était-elle trop femme ? Peut-être le parfum de son corps, dans l’atmosphère puritaine de la Chine d’alors, avait-t-il éveillé des désirs déçus ? Sa faiblesse d’un instant aura tendu le bâton dont une main s’est saisie pour frapper.

Nombre des employés de l’agence sont jeunes et célibataires. Mais il est déconseillé de fricoter. Quant à la chose, elle est carrément illégale en dehors de liens officiellement scellés. Flirter oui. Pour plus sérieux, il faut se marier. L’affaire est loin d’être privée. Certes, on n’affiche plus publiquement les dates des règles des travailleuses, comme ce fut parfois le cas sous la révolution culturelle, mais le bureau du personnel conserve la gestion de la fertilité des époux.

Un jour, comme un couperet, le feu vert du bureau du personnel tombe: « Vous avez tant de mois pour vous faire un successeur ». Grossesse ou non, passé le délai, tant pis. D’autres attendent. Le tour ne se représentera pas avant des années. De sourdes rivalités planent, nourries sans fin de haines térébrantes et de ressentiments aigres. L’opacité renforce le soupçon, la rareté double l’arbitraire. En coulisse s’ourdissent d’obscures manœuvres. On tente d’acheter le passe-droit à l’enfant.

Contrôle des âmes, planification humaine, planification de la production : voilà le triptyque social. Question de moralité, c’est à dire d’économie et de bonne administration. Affaire de gros sous pour tout dire carré. L’enfant est celui des ses parents, mais celui de l’Agence aussi, celui de l’Etat. L’Agence est un agent de l’Etat. L’enfant est aussi un coût, qu’il faut planifier. Quand il surgit entre époux dépendant de deux unités de travail différentes, la situation devient épineuse. Sur quel quota de naissances, celui de l’unité de l’époux, celle de l’épouse, imputera-t-on la naissance à venir ? Des deux unités, laquelle hébergera le nouveau couple ? Qui paiera l’accouchement et les soins de puériculture ? Il faudra prévoir une place en crèche, puis à l’école. Il faudra rendre disponible un appartement convenable, etc.. Qui paiera la retraite ? Après moult paperasseries, tampons et formalités, on aborde la question éminemment compliquée de la soulte – le prix de transfert – compensant la formation reçue ou l’expérience acquise de l’employé perdu. Toutes ces questions sont de la responsabilité du bureau du personnel qui est aussi un bureau de police, où arrivent les dénonciations. Ainsi va le paternalisme, à la façon pateline qu’ont les Chinois d’opprimer. Le sexe, l’amour, la sensualité, toujours contestent l’état. 

Piqûre de rappel pour raviver la douleur : au lendemain des événements de Tian An Men, le régime selon une habitude rôdée a décrété un vaste mouvement de correction. Il ne faut pas que le sang cesse de couler. Comme toujours, il avait fallu des victimes, il avait fallu des bourreaux. La section française s’était de tacite entente choisi un bouc émissaire, un vieil homme de presque soixante dix ans. Un vieux collègue, un vieux communiste qui en avait vu passer beaucoup. Il n’avait fait de tort à personne. On l’appréciait au contraire. On lui parlait hier comme à un ami, un collègue. Mais il fallait trouver quelqu’un. On l’avait désigné parce sa carrière était faite, parce que son statut d’aîné le protégerait en partie. Au pire, il lui restait moins à vivre : son calvaire serait moins long ! Oui, il était la meilleure victime et lui-même en convenait: c’était un moindre mal.

On n’était pas quitte d’une simple dénonciation pour autant, d’un simple index accusateur. Il fallait encore substantiver, détailler, préciser. Il fallait se remémorer des paroles, des faits, des attitudes. Sinon les inventer. Les mots qui n’avaient pas été dits mais qui auraient pu l’être, il fallait les déposer, les coucher sur le papier. Signer. On n’avait pas le choix. Pas plus que les autres, le vieux collègue n’était dupe. Personne n’était dupe. Ni la victime, ni les procureurs, ni les cadres tout là-haut sous le pyramidion, ni même le metteur en scène de tout cela à Zhongnanhai . C’était une mascarade et tout le monde le savait. Mais qu’importe la vérité du cœur ? Les Chinois n’ont pas de Dieu scrutant les replis cachés de leur âme. L’adhésion intime est sans pertinence, la façade essentielle. On peut bien haïr ses ancêtres pourvu qu’on honore leurs plaquettes et leur brûle l’encens. L’important est le rite. De sa soumission à l’ordre moral et social, il faut une preuve publique.  Accuser l’innocent, accepter d’être pleutre, d’avoir peur, se rendre complice, se souiller. Un jour, alors qu’à la Douma, Nikita Kroutchev égrénait la longue litanie des crimes de Staline, du fond de l’assemblée une voix l’interrompit : « Comment cela a-t-il été possible ? Comment personne n’a t-il rien dit ? » Alors Kroutchev, cinglé par l’aiguillon tonna : « Qui a dit cela ? Qui a osé dire cela ? ». Pas une réponse, pas un mot… silence de plomb. Alors, au bout d’un long moment Nikita lâche : « Maintenant vous savez comment cela fut possible »

39°53'55.71"N/ 116°21'52.98"E

[3] La prononciation chinoise donne à peu près « chine-roua ».

Le hukou est une carte d’identité précisant le lieu de résidence qui emporte la jouissance des droits sociaux et civiques. Hors du lieu précisé par le hukou, une personne ne peut théoriquement travailler, se faire soigner, scolariser son enfant.

Zhongnanhai est une vaste enceinte close abritant, derrière un mur rouge frappé de caractères géants repris de la main de Mao : « Pour le service du Peuple », le cœur du régime chinois. Accolé à la Cité Interdite, à l’angle Nord-est de la place Tian An Men, elle donne sur Chang An, la grande artère coupant la ville en deux.

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 21:41

Le doute n’est plus possible. Changer de président revient à changer l’image sur le téléviseur.

François Hollande se fait tancer à Châlons en Champagne. Le gouvernement avait assuré deux jours auparavant que l’outil de travail serait exclus de l’assiette de la contribution sur la fortune. Mais pourquoi donc au fait ? N’est-ce pas cette intolérable concentration de pouvoirs et d’argent – 10 % des plus riches concentrent 80 % des avoirs dans ce pays – qui est à l’origine de tous les désordres mondiaux. En quoi serait-il néfaste de favoriser, par l’impôt des formes d’appropriation du capital par le travail (coopératives) ?

Politique industrielle ? A t on entendu parler de politique industrielle, sinon par la voix d’A. Montebourg déclarant que le nucléaire est une industrie d’avenir ? D’avenir aussi alors la société productiviste et son modèle sans frein parfaitement insoutenable et dont les soubresauts actuels ne sont que les signes du début de l’agonie : pensons au rapport Meadow sur la fin de la croissance .

Rien dans le discours du PS ne dépasse de la plus terne banalité. Encéphalogramme plat : absence de projection, de prospective, de projet. La réalité est un assommoir.  Le repli et finalement le conservatisme « réaliste » paraissent les seules options.

Pourtant, les chiffres crèvent les yeux : le député typique est élu par le quart peu ou prou, pas plus, des électeurs. Les autres ne s’abstiennent pas par fainéantise, mais parce qu’ils considèrent que de confier les destinées du pays à des bras cassés blanc-bonnet ou bonnet-blanc constitue un acte politique nuisible tandis que taquiner l’ablette ou le gougeons, non !

 

Il faut rappeler aux élus du Parlement que lorsqu’ils tournent le dos, les Français ricanent  au souvenir la farce de l’adhésion au traité « constitutionnel européen ».  Obtenu après nullification par le Parlement d’un référendum auprès de la Nation, il constitue un coup d’Etat qui devra être soupesé un jour.

Electro-encéphalogramme plat. Les caciques de la représentation démocratique attendent impuissants. Leur modèle est exogène, imposé. Comment rester dans la compétition internationale ? Comment résister au monstre asiatique,  qui dicte les termes de sa lutte ? Ce sont nos mêmes élites pourtant qui hier ont délocalisé,  rêvant de centres de production en Asie quand les têtes resteraient en Europe.

La finance internationale décide ; la croissance crée l’emploi qui assure la stabilité sociale et mon pouvoir ; les lois sont décidées à Bruxelles ; je n’ai que cinq ans pour me faire réélire. Voilà l’équation du politicien du temps présent.

Rester dans la course face à la menace internationale : voilà le seul mauvais schéma que nous propose l’UMPS, incapable de comprendre que la compétitivité n’est que la mesure que font des capitaux mobiles investis internationalement des rentabilités locales et que l’intérêt de ces capitaux n’est pas celui  des nations et des peuples. Dans cette compétitivité là, le travail est un coût. La croissance qu’elle génère détruit l’emploi. Elle détruit la planète, les biotopes, les ressources.

Recluses passives, vieilles et stupéfaites dans leur tour d’ivoire, les élites « démocratiques » ignorent ces analyses. Elles ne comprennent pas que c’est sortir de la pseudo-croissance qu’il convient et que celles des nations qui auront compris le plus tôt la nécessité de renouveler en profondeur leurs relations au monde - sous tous les angles, production, échange, travail, loisir, société et cadre politique -  ces nations là sortiront en meilleur état de la crise globale à venir.

Au lieu de cela, la course effréné au renouvellement du mandat, troisième et viscéral vice du mandat représentatif cumulable, presse le politicien dans le cadre étriqué d’une poignée d’années, dévorées qui plus est par la recherche de la réélection, tandis que des périls climatiques et biologiques immenses s’amoncellent de jour en jour. 

Notre démocratie représentative est malade de vices dont il faut la purger, sans quoi notre avenir est sombre. La démocratie représentative élective, qui suscite des partis, la course aux mandats et le court-termisme, le conservatisme institutionnel, la reproduction et la concentration des élites, la confiscation du débat démocratique est une solution essoufflée. Il importe de réfléchir à l’articulation entre nos institutions politiques et le corps électoral, entre démocratie représentative et désignation des mandataires. Les modalités de la désignation  aléatoire (clérocratie) des représentants politiques devraient être scrutées.

Mais sans aller jusque là, et puisque nous sommes en panne d’originalité politique, je voudrais juste proposer une mesurette originale, qui ne fait pas une politique, mais qui a du sens politiquement, et qui permettrait de trancher un peu : le PS est-il toujours un parti de gauche ?

Ma petite proposition la voici. Elle a le mérité d’exister en Europe du Nord. Il s’agit simplement de proportionner les amendes au revenu de la personne. Quelle est la logique de punir pour une même faute le travailleur pauvre d’une amende qui l’assomme, tandis que son montant est indolore pour le fortuné ? N’est-ce pas une forme d’impunité accordée aux plus riches, de discrimination envers les plus pauvres ? Où est l’égalité ?

Alors que 250 000 milliards de dollars attendent ces plus riches dans les paradis fiscaux de la planète, que les caisses de l’Etat sont vides, cette mesurette originale est mure et gravide. Quand la fais-tu François ?

 

 

 

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Published by Stephane Calence - dans olitique
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